En Argentine, la mémoire de la dictature fait face à la tronçonneuse de Javier Milei
En Argentine, la mémoire de la dictature fait face à la tronçonneuse de Javier Milei
[Épisode 2/3] Les Mères de la place de Mai n'ont pas été les seules à s'investir dans ce combat mémoriel. D'autres acteurs ont participé à créer un véritable tissu associatif pour la justice. Près de cinquante années de lutte qui pourraient aujourd'hui être réduites à néant par les politiques hostiles de Javier Milei. La mémoire de la dictature apparaît alors comme un véritable champ de bataille idéologique.
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24 septembre 2026 à 6h55 – Édité par Manon Michel
À Buenos Aires, le long de l'avenue del Libertador, dans un quartier résidentiel perdu au milieu d'immenses gratte-ciels, se trouve l'ESMA. L'ancienne école de mécanique de la marine était le principal centre de détention clandestin sous la dictature militaire en Argentine. Fleuri, silencieux, presque désert, il y règne une atmosphère étrange.
Dehors, des immeubles neufs écrasent le parc de leur démesure. Le site abrite aujourd'hui le musée de la mémoire ainsi que plusieurs bâtiments que se partagent différentes organisations. Parmi elles, les Madres, mais aussi les Abuelas, et les H.I.J.O.S.
Les Abuelas, ce sont les grand-mères, réunies au nom de leurs filles disparues. Durant la dictature, le pouvoir catholique argentin n'assassinait pas ses opposantes lorsqu'elles étaient enceintes, question de morale… Elles étaient d'abord enlevées et emmenées à l'ESMA où une minuscule pièce appelée Capucha faisait office de maternité. Cagoule sur la tête, elles accouchaient là, sans jamais voir le visage de leur enfant. Une fois nés, les bébés étaient confiés aux tortionnaires........
