L'affaire Cornell ou la fin de l'omerta sur les violences sexuelles au sein des fraternités états-uniennes?
L'affaire Cornell ou la fin de l'omerta sur les violences sexuelles au sein des fraternités états-uniennes?
Ce drame pourrait bien mettre fin à l'impunité dont jouissent les «frats» au sein des campus universitaires.
Temps de lecture: 4 minutes
16 octobre 2026 à 6h55 – Édité par Manon Michel
Le 16 septembre dernier, une ancienne étudiante de la prestigieuse Université Cornell dans l'État de New York a déposé une plainte rendue publique contre sept hommes pour viol collectif sur le campus à l'automne 2024. Celle que l'on surnomme Jane Doe, afin de conserver son anonymat, avait rapidement signalé les faits à l'université qui avait ouvert une enquête finalement classée sans suite.
Une affaire qui révèle à quel point la culture du viol irrigue les campus états-uniens, mais aussi la force de nouvelles formes de contre-pouvoir bien décidées à changer la donne.
Les fraternités, ces entre-soi où tout semble permis
Les faits se sont déroulés au sein de la fraternité masculine Chi Phi, l'une des plus anciennes de Cornell, à laquelle appartenaient les sept personnes mises en cause. Ce soir-là, l'étudiante y était invitée pour une fête. Rapidement, elle s'est retrouvée poussée à consommer de l'alcool en grande quantité et de la kétamine, avant d'être abusée sexuellement par deux hommes, rejoints par la suite par cinq autres avertis sur Snapchat de la possibilité de venir violer la jeune femme dans l'une des chambres du bâtiment. Un récit insoutenable, qui contraste avec la réputation de cette université membre de l'Ivy League, groupement d'établissements privés d'excellence, dont les mots d'ordre sont la sélectivité et le prestige social.
«Les fraternités sont à mi-chemin entre le club et la société secrète et sont presque aussi anciennes que les universités états-uniennes, la première a été fondée en 1776, explique Virginie Adane, maîtresse de conférences en histoire moderne et spécialiste de l'histoire de New York. Ces institutions ont vocation à créer un........
