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Crise énergétique: les erreurs à ne pas commettre face à la hausse des prix des carburants

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17.04.2026

Crise énergétique: les erreurs à ne pas commettre face à la hausse des prix des carburants

Gérard Horny – Édité par Émile Vaizand – 17 avril 2026 à 6h55

La flambée des prix à la pompe menace le niveau de vie des particuliers et la santé financière de beaucoup d'entreprises. Face à la montée des revendications, les gouvernements sont d'autant plus embarrassés que leurs finances publiques sont dégradées. C'est le cas de la France.

Temps de lecture: 11 minutes

Dans des économies très interdépendantes et reposant encore toutes en grande partie sur les hydrocarbures, il n'y a pas besoin d'une guerre mondiale pour que toutes soient touchées. Il suffit que le conflit porte sur une zone aussi sensible que le golfe Persique et le détroit d'Ormuz, par où transitent environ 20% du pétrole et du gaz produits dans le monde, pour que surgisse sur tous les continents la crainte d'un regain d'inflation et d'une chute de la croissance.

Pour les gouvernements, le piège est redoutable, car il se referme très vite. Il ne faut pas plus de quelques semaines de hausse des prix des carburants pour que l'opinion publique, excédée, multiplie les revendications. Quand, dans un ménage, on a déjà du mal à boucler les fins de mois, une hausse du prix du gazole de plus de 40% par rapport à ce qui était constaté il y a un an, alors que l'on a besoin d'une voiture, voire de deux, pour aller au travail et faire les courses, devient très vite insupportable. Et, dans un pays comme le nôtre, où le souvenir du mouvement des «gilets jaunes» est encore très présent, la pression monte rapidement sur le gouvernement français.

Du pain bénit pour les démagogues

La pression monte d'autant plus rapidement que pour tous les démagogues, c'est du pain bénit. Une très large partie de la population se sent concernée et une hausse des prix des carburants touche d'autant plus les gens dans leur vie personnelle ou professionnelle lorsque leurs revenus sont modestes. Les boucs émissaires sont vite trouvés: c'est l'État qui s'enrichit avec les taxes et/ou ce sont les compagnies pétrolières qui voient leurs bénéfices augmenter avec les prix. Des occasions comme celle-là de montrer que l'on est proche des électeurs et que l'on partage leurs préoccupations sont à ne pas manquer.

Chacun réagit alors en fonction de ses a priori idéologiques. Fort logiquement, le Rassemblement national (RN) a lancé une pétition dans laquelle il demande une baisse des taxes sur l'essence et le gazole, dénonçant le fait que «à chaque passage à la pompe, les Français paient toujours plus, pendant que l'État encaisse près de 42 milliards d'euros par an sur leur dos». Du côté de La France insoumise (LFI), qui a fait circuler sa propre pétition, on affirme que le RN est un peu mou dans ses revendications et que la baisse des taxes ne suffit pas: on réclame un blocage des prix immédiat.

Prix du carburant : "Non, nous n'allons pas procéder au blocage des prix du carburant", assène @MaudBregeon. "Si on fixe le coût par exemple à 1,70€, alors que c'est inférieur au coût de production" et à ceux "du marché" cela provoquerait "des risques de pénurie".#QAG #DirectAN pic.twitter.com/dOZGZq18bQ— LCP (@LCP) April 15, 2026

Prix du carburant : "Non, nous n'allons pas procéder au blocage des prix du carburant", assène @MaudBregeon. "Si on fixe le coût par exemple à 1,70€, alors que c'est inférieur au coût de production" et à ceux "du marché" cela provoquerait "des risques de pénurie".#QAG #DirectAN pic.twitter.com/dOZGZq18bQ

Entre ces deux extrêmes, les autres partis politiques sont un peu embarrassés. À droite, on préfère mettre l'accent sur les problèmes des petites entreprises et de certains travailleurs indépendants; à gauche, sur la baisse du pouvoir d'achat des titulaires des revenus les plus modestes, on propose des petites solutions, comme la baisse de la TVA sur les carburants au prorata des gains encaissés le mois précédent, mais on sent bien que la formule du «quoi qu'il en coûte» employée par Emmanuel Macron au moment de la crise du Covid-19 n'est plus de saison.

«L'État ne peut pas tout»

De fait, on serait tenté de reprendre une autre formule employée en septembre 1999 dans un tout autre contexte par Lionel Jospin, alors Premier ministre, et qui lui fut durement reprochée: «Il ne faut pas attendre tout de l'État ou du gouvernement», généralement résumée sous la forme «l'État ne peut pas tout».

«Il ne faut pas attendre tout de l'État ou du gouvernement», avait déclaré le Premier ministre socialiste Lionel Jospin à la suite des annonces de suppressions d'emploi chez Michelin en 1999. |........

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