Budget 2027: sur qui doit peser la rigueur?
Budget 2027: sur qui doit peser la rigueur?
Nous sommes prévenus: le projet de budget 2027, qui sera présenté le 30 septembre, sera placé sous le sceau de la rigueur. Toute la question est de savoir qui supportera les efforts demandés.
Temps de lecture: 9 minutes
28 août 2026 à 6h55 – Édité par Manon Michel
La question n'est pas nouvelle: à chaque rentrée, on nous avertit que la construction du budget de l'État et de celui de la Sécurité sociale sera difficile. Puis le gouvernement organise la fuite d'informations concernant ses projets de coupe dans les dépenses ou de hausse des prélèvements pour voir lesquels ont des chances d'être acceptés par l'opinion publique et les partis politiques.
Cette année, ces avertissements doivent être pris particulièrement au sérieux. La situation des finances publiques est mauvaise et, dans le contexte politique compliqué créé par la dissolution malencontreuse de l'Assemblée nationale en 2024, il ne va pas être facile de dégager une majorité pour prendre les mesures qui s'imposent.
Un déficit toujours trop élevé
On peut discuter à l'infini du point de savoir pourquoi la France a abordé cette année 2026 dans des conditions aussi difficiles, mais le résultat est là. Quand on regarde les statistiques européennes, on constate que notre pays est dans une situation budgétaire plus dégradée que la plupart des autres pays européens qui ont eu eux aussi à subir la crise du Covid-19 et les effets du déclenchement de la guerre en Ukraine par la Russie.
Au premier trimestre, le déficit public s'établissait à 3,1% dans la zone euro et dans l'ensemble de l'Union européenne, mais à 5,1% en France, avec seulement trois pays dans l'Union ayant un chiffre plus mauvais: la Pologne, à 5,9%, la Hongrie à 6,6% et la Bulgarie à 7,6%. Même l'Allemagne, qui se montre actuellement moins rigoureuse en ce domaine et a surtout pour souci de relancer son économie, arrivait à 3,6% seulement.
Économie: profitez bien de vos vacances, la rentrée sera dure!
Après la pandémie, qui avait mis à mal les finances publiques des pays membres, l'Union européenne a gardé son objectif de déficits publics limités à 3% du PIB, mais a autorisé des rythmes d'ajustement progressifs et individualisés. La France a été placée en 2024 sous procédure de déficit excessif; elle y est toujours, comme neuf autres États membres, et doit revenir sous les 3% en 2029. Le moins que l'on puisse dire est que c'est mal parti. La Commission européenne ne s'y trompe pas: dans ses prévisions économiques de printemps, elle estime que notre déficit public restera à 5,1% cette année et remontera même à 5,7% l'an prochain.
Une dette que l'on ne peut alléger par un tour de magie
On peut certes se moquer des règles européennes et penser que cette règle des 3% –qui a été souvent critiquée– est absurde. Mais quand on fait partie d'un club, on doit en respecter les règles. Et surtout, il faut voir que ces déficits publics ont une conséquence: la hausse de la dette et donc du poids des intérêts qu'il faut payer chaque année. Déjà en 2025, ceux-ci ont représenté 64,7 milliards d'euros, soit 4,1% des recettes publiques ou 2,2% du PIB.
Et ce n'est pas fini. Ils pourraient atteindre 78 milliards cette année et 125 milliards à l'horizon 2030 à politique inchangée, selon un rapport remis par quatre économistes au ministre de l'Économie en juillet dernier. Pour avoir une idée de ce que cela représente, on peut rappeler que l'impôt sur le revenu doit rapporter cette année 99,8 milliards et l'impôt sur les sociétés 61,1 milliards.
Évidemment, pour ne pas avoir à supporter ce........
