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Montée du RN, rapports de force à gauche, bataille de Paris... les enjeux du premier tour des municipales

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15.03.2026

Montée du RN, rapports de force à gauche, bataille de Paris... les enjeux du premier tour des municipales

Le premier tour des élections municipales, qui se tient dimanche 15 mars, appelle près de 50 millions d’électeurs à choisir leurs représentants locaux pour les six prochaines années. À un an de la présidentielle, le scrutin aura valeur de test pour les différentes forces politiques. Tour d’horizon des enjeux.

Sarah Benhaïda, Pauline Graulle, Youmni Kezzouf et Ilyes Ramdani

Cet article est en accès libre.

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DernièreDernière station avant terminus. Le scrutin municipal, dont le premier tour a lieu dimanche 15 mars, sera scruté comme la dernière photographie des électorats avant l’élection présidentielle de 2027. Quid de la progression de l’extrême droite ? Où en est la gauche, dont l’union aux législatives de 2024 n’a pas résisté aux soubresauts de la politique nationale ? Après la « vague verte » de 2020, Les Écologistes réussiront-ils à conserver leur ancrage dans les métropoles ?

Le destin politique de certains candidats déclarés ou putatifs à l’élection présidentielle fera également l’objet d’une attention particulière. Le résultat au Havre (Seine-Maritime), où l’ancien premier ministre Édouard Philippe brigue un troisième mandat, pourrait disqualifier d’office le principal candidat de la droite et du centre. Le secrétaire national du Parti communiste français (PCF), Fabien Roussel, joue lui aussi un peu plus qu’une élection municipale à Saint-Amand-les-Eaux (Nord), la commune dont il est maire depuis un an.

La place prise dans le débat public autour de ce scrutin, par les sondages et les projections stratégiques d’entre-deux-tours, a toutefois eu l’effet pervers d’en occulter les enjeux locaux, pourtant déterminants. La mort de Quentin Deranque à Lyon (Rhône) le 14 février, ses suites politiques, mais aussi la guerre au Moyen-Orient ont également cristallisé l’attention politique et médiatique au détriment de la campagne municipale.

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Il y avait pourtant tant à dire des 35 000 élections qui se tiendront simultanément, comme l’ont montré les reportages de Mediapart à travers le pays. Les municipalités, tout comme leurs « grandes sœurs » peu connues mais indispensables que sont les intercommunalités, doivent en effet faire face à des défis immenses pour les années à venir : la crise du logement, la lutte contre les effets du dérèglement climatique, l’inégalité d’accès aux services publics, la place prise par le narcotrafic et la violence qui l’accompagne…

Autant de sujets qui mériteraient de vrais débats politiques, à condition que la pluralité des listes le permette : deux tiers des communes n’auront qu’un seul bulletin à offrir à leurs habitant·es dimanche. Dans le reste du territoire – villes moyennes, banlieues ou métropoles –, il faudra observer, au-delà du résultat lui-même, les taux de participation. Ils ne sont jamais inutiles à l’heure de sonder le rapport d’une société à ses institutions et à sa vie politique.

L’extrême droite veut gravir une nouvelle marche 

Pour le Rassemblement national (RN), le scrutin municipal revêt plusieurs enjeux d’importance. Le parti d’extrême droite, historiquement en mal d’implantation locale, affirme avoir présenté plus de 650 listes, de quoi revenir aux étiages de 2014 après une élection 2020 ratée. Il reste cependant presque absent de nombreuses zones du territoire, y compris dans des départements qui comptent plusieurs député·es RN.

Pour compenser ces difficultés, le parti de Jordan Bardella a surtout investi dans le soutien de nombreuses listes « sans étiquette », plus ou moins ouvertement aidées. De quoi s’assurer d’entrer dans les conseils municipaux, avec ou sans le logo du parti. 

Comme à chaque campagne électorale, les gesticulations des caciques du RN n’ont pas suffi à masquer la réalité de la composition de leurs listes : la presse a une nouvelle fois chroniqué la présence de nombreux candidat·es ayant tenu des propos racistes, sexistes, homophobes ou antisémites, parfois en tête de liste. Pour un·e ou deux candidat·es écarté·es, le RN a maintenu bon nombre de ces « brebis galeuses », qui pourront donc être élues les 15 et 22 mars.

Pour continuer de peser politiquement, de nombreux cadres de la droite locale........

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