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La recherche historique sur le fascisme bousculée par la montée de l’extrême droite

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15.03.2026

La recherche historique sur le fascisme bousculée par la montée de l’extrême droite

Une récente synthèse dirigée par l’historien Laurent Joly décrit Vichy comme une dictature portée au pouvoir par l’union de la droite et de l’extrême droite. Une analyse nouvelle liée à l’actuelle montée de l’extrême droite, qui incite les historiens spécialistes du fascisme à se poser de nouvelles questions.

Nicolas Chevassus-au-Louis

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« Il« Il est des cas aussi où, pour interpréter le passé, c’est vers le présent, ou, du moins, vers un passé tout voisin du présent qu’il sied, d’abord, de regarder. » Cette remarque méthodologique du grand médiéviste Marc Bloch dans l’introduction de son ouvrage Les Caractères originaux de l’histoire rurale française (1931) aurait fait une excellente exergue à Vichy. Histoire d’une dictature, 1940-1944 (Tallandier, 2025) dirigé par l’historien Laurent Joly, du CNRS.

Partir du présent pour comprendre le passé semble le contraire de la méthode historique. C’est pourtant ce que fait, implicitement, ce livre qui pose un regard renouvelé sur le régime de Vichy, son accession au pouvoir et son projet politique.

La vulgate, en la matière, est de qualifier de « régime autoritaire » l’État français instauré, après le vote par l’Assemblée nationale des pleins pouvoirs à Philippe Pétain, le 10 juillet 1940. « Jusqu’à récemment, la litote était sans conséquence : régime autoritaire signifiait forcément dictature. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Des régimes démocratiques glissent vers l’autoritarisme », relève Laurent Joly dans l’introduction.

L’équipe de dix spécialistes qu’il a dirigée visait donc à « analyser ce qui caractérise une dictature dans un contexte exceptionnel ». À commencer par les pouvoirs ahurissants concentrés par le vieux maréchal, législatifs et exécutifs, en sa double qualité de président du Conseil et de chef de l’État, et de surcroît en nommant son successeur, tour à tour Pierre Laval et François Darlan.

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Comment cette dictature renverse-t-elle une IIIe République septuagénaire, qui en avait vu d’autres, à commencer par les quatre années de la Première Guerre mondiale ? Pierre Laval, politicien madré venu du socialisme et passé à la droite conservatrice, a imposé le nouveau régime à l’Assemblée nationale (ou ce qu’il en restait puisque les parlementaires communistes en étaient exclus depuis le pacte germano-soviétique signé le 23 août 1939) par « un mensonge, un faux, des menaces et beaucoup d’hypocrisie ».

Un régime dictatorial, conforme aux aspirations de la droite conservatrice française qui voyait dans les régimes voisins d’Allemagne, d’Espagne et d’Italie des modèles. Le gouvernement investi le 12 juillet 1940 représente ainsi « une véritable union des droites, cette combinaison qui n’a jamais pu se réaliser sous la Troisième République ».

Rémond contre Sternhell

Le bilan chiffré de la répression établi par Laurent Joly et son équipe est de dix-huit condamnations à mort par des sections spéciales (alors que la peine de mort pour raisons politiques était abolie en France depuis 1848), et plusieurs centaines de victimes des exactions de la Milice, qui devient le principal instrument de Vichy lorsque le régime constate, à partir de janvier 1944, que l’appareil d’État, passé de fait massivement à la Résistance, lui échappe.

On est loin des 863 otages fusillé·es, des 3 060 civil·es exécuté·es en représailles, des 3 000 combattant·es de la Résistance ou des 10 000 civil·es assassiné·es par l’occupant allemand. L’État français n’a pas été sanguinaire. Il n’en a pas moins été criminel, en faisant livrer aux Allemands par sa police 74 000 juifs et juives, dont 11 000 enfants.

Les historiens rediscutent de la définition du fascisme, de ses origines et des conditions de son arrivée au pouvoir.

Les historiens........

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