Mme Arnault, le prétendu «choix de vie» des SDF s’explique en réalité par l’explosion des inégalités
Mme Arnault, le prétendu « choix de vie » des SDF s’explique en réalité par l’explosion des inégalités
La séquence coupée au montage par RTL, où l’épouse de Bernard Arnault assurait que les sans-abris choisissent de dormir à la rue, indigne les acteurs associatifs. Ils rappellent que la crise du logement a tout à voir avec les politiques menées depuis des années, avec l’appui des ultrariches.
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« Un« Un choix de vie. » Au micro de RTL et de Marc-Olivier Fogiel, qui a choisi de couper la séquence, finalement diffusée par Mediapart, la pianiste Hélène Mercier-Arnault, a assuré fin février que dormir à la rue est « un choix », fait par des personnes qui ont « décidé de lâcher la société ».
La femme du milliardaire Bernard Arnault, longtemps indéfectible soutien d’Emmanuel Macron avant de lui tourner le dos, affirme donc que les 350 000 personnes sans domicile fixe (un chiffre qui a doublé en dix ans) seraient en quelque sorte de doux marginaux, désireux de vivre hors du carcan social.
Certains, selon un de ses amis qui a observé le phénomène à Vienne, « sifflent même du Schubert » et ont « une grande culture musicale ». Comme Mme Arnault, ils feraient donc partie, à l’entendre, de la sympathique confrérie des baladins et autres saltimbanques avides de liberté et de grand air.
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À la décharge de l’artiste qui reconnaît ne pas être une grande spécialiste du sujet (« Les SDF, j’y pense pas tous les jours. ») n’avait pas encore connaissance des chiffres record des expulsions locatives, tombés ce mardi. Le fruit de la politique menée par Emmanuel Macron, pour lequel son mari aura tant mouillé la chemise pendant dix ans.
En 2025, 30 500 ménages ont été forcés de quitter leur logement pour impayés de loyer. Un chiffre historique qui a lui aussi pratiquement doublé en dix ans, résultat direct de la loi Kasbarian-Bergé, dite « anti-squat », adoptée en juillet 2023 et qui a choisi de défendre avant toute autre considération le droit sacré des propriétaires à faire fructifier leur bien.
Pour ces hommes, ces femmes et ces enfants mis sur le trottoir manu militari avec leurs affaires par les forces de police, le « choix de vie » est sans doute assez relatif. Il faut aussi noter qu’entre deux à trois fois plus de ménages ayant reçu leur avis d’expulsion sont partis d’eux-mêmes avant l’arrivée de la police.
Christophe Robert, délégué général de la Fondation pour le logement, reconnaît avoir eu « de la peine » à l’écoute des propos de l’épouse de Bernard Arnault, y entendant une « déconnexion totale de la réalité ». « Parfois, certaines personnes sans abri refusent d’aller dans........
