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"Au Liban, la France doit jouer un rôle de soutien et non de leadership, d’accompagnateur plutôt que de proconsul"

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28.04.2026

Il suffit de se promener dans les rues de Beyrouth pour mesurer à quel point la francophonie recule face à l’anglophonie, surtout chez les jeunes. Là où le français régnait autrefois sur les enseignes et les devantures, c’est l’anglais qui s’affiche désormais, jusque dans les quartiers les plus traditionnellement francophones de la capitale. La France n’est plus « la mère tendre » sur laquelle les Libanais comptent, et les chrétiens n’ont plus l’attachement qu’ils lui portaient autrefois. Ce n’est pas seulement l’effet de la culture américaine qui s’est imposée partout ; c’est aussi, et peut-être surtout, une déception accumulée au fil des années.

Le 6 août 2020, deux jours après l’explosion qui avait soufflé le port de Beyrouth et tué plus de 220 personnes, Emmanuel Macron déambulait dans les décombres du quartier de Gemmayzé, entouré d’une foule en larmes qui lui criait « Vive la France ». Le président avait promis une enquête internationale, une refondation politique, un nouveau départ. Il avait juré de revenir. Les Libanais l’avaient cru. Certains ont signé une pétition demandant le retour du mandat français. Au fil du temps, la « mère tendre » a abandonné le Liban, ou c’est du moins l’impression qu’ont beaucoup de Libanais aujourd’hui.

Au moment où le Premier ministre libanais Nawaf Salam était reçu à l’Élysée, le 21 avril, Emmanuel Macron a déclaré que « la France se tiendra, comme à son habitude, aux côtés du Liban ». Une formule usée que les Libanais ont entendue trop de fois. En janvier 2025, de retour à Beyrouth, le président français a été accueilli........

© Marianne