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Matthieu Pigasse, Hélène Mercier-Arnault... Pourquoi une partie des ultra-riches penche à gauche

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19.06.2026

Les catégories politiques aiment les évidences simples : les ouvriers à gauche, les patrons à droite, les riches conservateurs et les pauvres progressistes. Mais la réalité électorale résiste souvent à ces schémas. Dans un portrait récemment publié dans Libération, Hélène Mercier-Arnault, pianiste franco-canadienne et épouse de Bernard Arnault, premier milliardaire de France, aurait confié qu’en cas de second tour entre Jordan Bardella et Jean-Luc Mélenchon en 2027, elle choisirait le leader de la gauche radicale. L’image est trop belle pour ne pas devenir virale : l’épouse de l’homme le plus riche de France préférant La France insoumise au Rassemblement national. Dans le même portrait, elle critique aussi la Une de Paris Match consacrée à Jordan Bardella et à Maria Carolina de Bourbon des Deux-Siciles, y voyant une « opération de com», le titre appartenant au groupe de son mari.

À première vue, la scène semble contredire toutes les lois élémentaires de la sociologie électorale. Pourquoi des personnes objectivement protégées par le capital, le patrimoine, la mondialisation et les réseaux d’influence voteraient-elles à gauche ? Pourquoi choisiraient-elles un camp qui promet, du moins en théorie, de taxer davantage les fortunes, de limiter les héritages ou de remettre en cause les privilèges de classe ? La droite y voit une hypocrisie de salon. L’extrême droite, la preuve que la gauche serait devenue le parti des beaux quartiers. Une partie de la gauche, elle, oscille entre amusement, gêne et soupçon.

L’affaire Mercier-Arnault n’est pas isolée. Matthieu Pigasse, banquier d’affaires, patron du groupe Combat, propriétaire de Radio Nova et des Inrockuptibles, actionnaire de plusieurs titres ou structures médiatiques, multiplie depuis plusieurs semaines les interventions publiques et laisse croire une éventuelle candidature aux élections présidentielles de 2027.

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Le paradoxe, apparent du moins est donc là : des riches et ultra-riches penchent à gauche. Mais encore faut-il savoir de quels riches on parle. Car, sociologiquement, « les riches » n’existent pas comme un bloc homogène. Il y a les détenteurs de patrimoine, les héritiers, les entrepreneurs, les hauts cadres, les diplômés des grandes écoles, les professions culturelles, les patrons de médias, les financiers, les artistes reconnus, les bourgeoisies urbaines, les élites intellectuelles. Toutes ces fractions ne votent pas de la même façon, ne........

© Marianne