La réindustrialisation sous Macron : "La dimension territoriale est le grand impensé des politiques industrielles"
« La France a une formidable page de réindustrialisation à écrire », a déclaré Emmanuel Macron le 8 juin dernier, pour vanter les succès de l’usine Goodyear d’Amiens, qui fabrique des pneumatiques pour l’industrie automobile. Mais son bilan est en demi-teinte : pour le haut fonctionnaire Louis-Samuel Pilcer, l’exécutif s’est focalisé sur les grands projets, alors que l’essentiel du potentiel de réindustrialisation réside dans le tissu local de PME et d’ETI.
Dans le but de porter cet enjeu aux élections (présidentielle puis législatives) de 2027, il lance un collectif baptisé « Territoires de la réindustrialisation », qui fédère notamment des élus locaux, dont le maire de Dunkerque (Nord) Patrice Vergriete, le maire de Morlaix (Finistère) Jean-Paul Vermot, et la maire de Decize (Nièvre) Justine Guyot. Leur principale proposition est de créer un fonds doté d’un milliard d’euros par an pour accompagner des projets d’investissement locaux.
Marianne : Vous lancez avec des élus un collectif qui appelle à réindustrialiser à partir des territoires. Avez-vous des exemples de recettes qui fonctionnent au niveau local ?
Louis-Samuel Pilcer : L’idée m’est venue lors d’un échange avec Patrice Vergriete, l’un des membres fondateurs de ce collectif transpartisan. Lorsqu’il devient maire de Dunkerque en 2014, le territoire est en décrochage. Pour inverser cette dynamique, il lance des États généraux de l’emploi local pour identifier les besoins des industriels. Des investissements ciblés, notamment dans les infrastructures et le foncier, ont permis d’accueillir........
