"Yvette Roudy va laisser son nom dans l’histoire de notre pays et celle de l’Europe"
« Être maire de Lisieux, c’est une bataille permanente ; mais de tous mes mandats, c’est celui que j’ai préféré car on voit concrètement les résultats de son action. » Yvette Roudy
Se présenter aux élections législatives de Lisieux-Falaise en 1988, n’était vraiment pas gagné. Lisieux, la ville de la « petite » Thérèse, était très ancrée à droite et complètement endormie. En plus, elle ne pesait pas lourd face aux deux pôles dominants du Calvados, Caen, géré par le RPR et Deauville, dirigée par l’UDF de Michel d’Ornano. J’y avais vécu au début des années 1960 et j’en avais gardé le souvenir d’un ennui mortel le dimanche. Comment faire pour réveiller ces Normands qui n’aiment pas être bousculés dans leurs habitudes ? Yvette avait le soutien de Laurent Fabius, du PS local et l’appui du Club Lisieux 2000, et bien sûr une solide expérience politique dans le monde encore bien macho des partis, y compris du Parti socialiste qui lui avait proposé la circonscription de Lisieux, difficilement gagnable. « Après, on sera tranquille », pensaient-ils. Non seulement Yvette Roudy gagne les législatives, mais elle remporte la mairie de Lisieux l’année suivante grâce à la dynamique de gauche.
Car au début, elle était vue comme une Parisienne. Elle a mené une campagne remarquable sur........
