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Ludovic Leonelli : "Le pacifisme reste marginal et ignoré des partis, même à gauche !"

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10.09.2026

Jésus : « Aimez vos ennemis » (Luc, 6, 27)

Curieux phénomène : alors que les guerres en Europe et au Moyen-Orient occupent nos écrans 24 heures sur 24, que les morts se comptent par dizaines de milliers et que menace un embrasement généralisé, le pacifisme semble avoir disparu. Un frémissement s’est produit lorsque le chef d’état-major des armées Fabien Mandon a déclaré : « Si nous ne sommes pas prêts à perdre nos enfants, alors nous sommes en risque » (18 novembre 2025). Mais cet émoi est vite retombé.

Le pacifisme radical – le refus de toute guerre, y compris défensive – ne survit qu’au sein de petites associations peu présentes dans les médias : Pax Christi, le Mouvement pour une Alternative Non-Violente ou l’Union pacifiste de France.

Désarmement, non-interventionnisme et pacifisme radical

Le pacifisme reste marginal et ignoré des partis. Même à gauche ! Lutte ouvrière affirme : « Nous ne sommes pas des pacifistes et nous ne réclamons pas le désarmement. » Le NPA soutient la résistance armée ukrainienne. Lorsque LFI défend Gaza, c’est pour condamner Israël, non pour récuser toute guerre par principe. Le PS et Place publique sont favorables au réarmement européen.

À lire aussi : Les pacifistes et les compromis : jusqu’où peut-on aller pour préserver la paix ?

À droite, on s’indigne de l’insuffisance du budget de la défense et du déclin du patriotisme et on voit dans le réarmement de l’Europe l’unique planche de salut. Le RN peut dire : « Cette guerre n’est pas la nôtre », mais jamais : « La guerre est moralement inacceptable ». Les partis, que l’on dit si clivés, s’accordent sur un point : la guerre est horrible, mais demeure une nécessité indépassable.

Edgar Morin et Dominique de Villepin ont mis en garde contre l’escalade militaire, la haine de l’ennemi, sans exclure l’usage de la force. En 2003, alors qu’il défend la non-intervention en........

© Marianne