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Raoul Vaneigem, l’homme qui voulait changer la vie, est mort

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30.07.2026

C’est l’histoire d’une poignée de jeunes révolutionnaires, une dizaine à peine, dont les idées et les mots vont irriguer l’un des plus grands mouvements sociaux français du XXe siècle. En 1967, le Parti communiste domine encore la gauche française, dispose d’une puissante implantation dans la classe ouvrière et exerce une influence considérable sur les intellectuels. Mais le marxisme-léninisme ne les fait pas rêver, loin de là. Ils aspirent à une société sans classes ni État, libérée de l’emprise de la marchandise, du travail aliéné et de la domination bureaucratique, où chacun pourrait enfin reprendre possession de sa vie quotidienne.

La plupart ont autour de trente ans. Au centre du groupe, Guy Debord deviendra une figure culte de la pensée critique. Mais l’Internationale situationniste ne se réduit pas à lui. Plusieurs personnalités remarquables s’y distinguent : Michèle Bernstein, cofondatrice du mouvement, dont les romans contribuent à renflouer ses caisses ; Mustapha Khayati, principal auteur de De la misère en milieu étudiant, pamphlet au cœur du scandale de Strasbourg de 1966, qui préfigure Mai 68 ; et Raoul Vaneigem, le penseur-poète dont le Traité de savoir-vivre à l’usage des jeunes générations donnera à la révolte une partie de sa langue. Raoul Vaneigem est mort le 28 juillet 2026, à Barcelone, à l’âge de 92 ans.

Un situationniste pas comme les autres

Né en Belgique en 1934, Raoul Vaneigem est philologue de formation et se spécialise progressivement sur les hérésies médiévales. Également fin connaisseur du poète Lautréamont, il consacre à l’auteur des Chants de Maldoror son mémoire de fin d’études. En 1961, il rencontre Guy Debord et rejoint l’Internationale situationniste, avant-garde artistique et révolutionnaire fondée quatre ans plus tôt, qui publie sa propre revue depuis 1958. Raoul Vaneigem se distingue rapidement de ses camarades par un style plus lyrique et par son hédonisme revendiqué.

En 1967, tandis que Guy Debord publie son grand essai théorique, La Société du........

© Marianne