Christian Kessler : "Le Japon entretien une relation schizophrénique avec la Chine"
Le 7 novembre dernier, devant la Diète japonaise, Sanae Takaïchi, à peine élue Première ministre, connue au demeurant pour ses critiques à l’encontre de la Chine, est peut-être allée trop loin en laissant entendre clairement que son pays pourrait intervenir militairement en cas d’attaque chinoise contre Taïwan.
Elle se réfère ainsi à une loi japonaise adoptée en 2015 sous le titre de « légitime défense collective » qui, dans le cas d’une attaque armée contre Taïwan, justifierait l’envoi de troupes japonaises. Ce texte adopté sous le gouvernement de feu Shinzo Abe, mentor de Takaïchi et lui-même très critique avec la Chine, autorise en effet les « forces d’autodéfense » japonaises, terme qui désigne en fait l’armée, à soutenir un pays tiers si la survie du Japon est directement menacée.
Cette loi tranche évidemment avec la Constitution pacifiste adoptée après la guerre par le Japon sous la dictée des Américains et qui prévoit, entre autres, que le Japon renonce à la guerre en dehors de ses frontières. Assassiné en juillet 2002, Shinzo Abe avait été le premier chef de gouvernement japonais à déclarer qu’une invasion de Taïwan constituait un risque existentiel pour l’Archipel. La Chine a répliqué, de manière sans doute outrancière également, par la voie notamment de son consul général à Osaka qui proposait de « couper cette sale tête… » sans nommer la Première ministre, pourtant clairement visée.
Le tollé........
