menu_open Columnists
We use cookies to provide some features and experiences in QOSHE

More information  .  Close

Éric Halphen : "L’intérêt général milite pour que ne disparaisse jamais le droit à l’oubli"

16 1
24.01.2026

On peut entendre que, à propos de l’affaire Bonfanti, certains s’interrogent. Une femme est morte, un homme est passé aux aveux et a reconnu l’avoir tuée, et pourtant il ne sera pas jugé. À première vue, il y a en effet de quoi s’étonner qu’un meurtrier, se présentant comme tel en tout cas, ne soit pas poursuivi pour la seule raison que le meurtre a été commis il y a plus de trente ans.

Si l’on veut comprendre quel est l’objectif de cette prescription qui stigmatise les reproches, il faut néanmoins intégrer la notion de temps. De même que la vérité judiciaire n’est pas la vérité, le temps judiciaire n’est pas le temps ordinaire. Critère à prendre en considération au début d’une enquête, à respecter en son cours, il devient l’ennemi de la justice ensuite.

Lorsque se lance une enquête, il faut savoir aller vite. Chercher, interpeller, fouiller, saisir, entendre. Pour empêcher la fuite éventuelle des suspects, conserver les éléments de preuve, inviter les témoins à déposer de manière spontanée. Le devenir d’une enquête judiciaire, en particulier en matière criminelle, tient à ces premiers instants cruciaux. Une enquête mal engagée, tout policier le sait bien, ne sera jamais une enquête aboutie. Les débuts conditionnent tout.

À LIRE AUSSI : L’affaire Marie-Thérèse Bonfanti est prescrite : le tueur va pouvoir retrouver sa liberté

Par la suite, le rapport au temps se modifie.........

© Marianne