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Cessons d’idéaliser l’humain face à l’IA

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02.09.2026

EXPERT INVITÉ. Mon grand-père avait une règle assez simple lorsque nous nous asseyions autour de la table pour souper. On ne parle ni de religion ni de politique. J’ai parfois l’impression qu’il faudrait aujourd’hui ajouter l’intelligence artificielle (IA) à la liste.

Depuis quelques années, j’entends revenir la même idée dans les conférences et les comités de direction : plus l’IA prendra de place, plus il faudra humaniser nos marques, nos communications et nos organisations.

J’ai souvent choisi de ne pas la contredire. Remettre cette idée en question peut rapidement donner l’impression qu’on défend la machine contre l’humain. À force de vouloir protéger l’humain contre l’intelligence artificielle, je me demande si nous n’avons pas commencé à nous idéaliser.

Quel humain voulons-nous préserver?

« Plus d’humain » est devenu une réponse presque automatique dès qu’un dirigeant aborde l’arrivée de l’IA dans son entreprise.

L’humain, on dit que c’est l’empathie, le jugement, la créativité, l’intuition, la capacité de comprendre l’autre. Mais l’humain, c’est aussi l’ego, les préjugés, le favoritisme, l’impulsivité d’une décision prise trop vite, la fatigue en fin de journée, le conformisme qui empêche de dire tout haut ce qu’on pense tout bas.

Prenons un comité de gestion qui débat d’un investissement. On y valorise avec raison la discussion, les nuances, la capacité de lire la salle. On connaît aussi tous ces débats qui deviennent inutilement émotifs. Une idée écartée parce qu’elle vient du mauvais service. Un vice-président qui protège son budget........

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