Derrière chaque acquisition annoncée, il y a souvent 2 ans de chaos
Un texte de Simon Leroux, president, Optionality
LES IDÉES DES AFFAIRES. Quand Aspen Technology a acquis Mnubo pour plus de 100 millions de dollars en 2019, plusieurs entrepreneurs québécois ont vu passer la nouvelle et ont pensé exactement la même chose: «Quel succès.»
Et honnêtement, ils avaient raison.
Mais récemment, en discutant avec Frédéric Bastien, cofondateur de Mnubo et maintenant partenaire chez Amiral Ventures, je réalisais encore une fois à quel point les entrepreneurs voient surtout la pointe de l’iceberg lorsqu’une transaction est annoncée publiquement.
On voit le communiqué de presse. Le montant. Les photos. Les sourires.
Mais on ne voit presque jamais les années d’incertitude, les tensions internes, les négociations qui explosent ou la pression psychologique qui accompagne souvent une acquisition importante.
Et pourtant, c’est précisément là que se joue la vraie histoire entrepreneuriale.
Les meilleures transactions commencent bien avant la vente
Ce qui m’a particulièrement marqué dans le parcours de Mnubo, c’est que leur réflexion stratégique autour d’une éventuelle acquisition a commencé extrêmement tôt.
À peine deux ans après le lancement de l’entreprise, l’équipe reçoit déjà une offre de plusieurs millions de dollars. Pour beaucoup d’entrepreneurs québécois, une telle offre représente une vie entière de travail.
Mais les fondateurs refusent.
Pas parce que l’offre était mauvaise, mais parce qu’ils croyaient être en train de bâtir quelque chose de beaucoup plus gros.
Et avec le recul, c’est probablement à ce moment qu’ils ont commencé à penser différemment à leur stratégie d’«optionalité».
Après cette première approche, l’équipe bâtit une liste d’environ 70 acquéreurs potentiels. Pas nécessairement pour vendre immédiatement, mais pour comprendre leur industrie, développer des relations et devenir visibles auprès des joueurs stratégiques susceptibles d’avoir un intérêt un jour.
Et honnêtement, c’est........
