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L’OTAN sans les États-Unis, à quoi ça ressemble?

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22.04.2026

EXPERT INVITÉ. Et si les États-Unis quittaient l’OTAN? Derrière les déclarations répétées de Donald Trump, ce scénario autrefois inimaginable s’installe progressivement dans le débat stratégique et dans les anticipations des marchés. Car au-delà de la rhétorique, c’est bien la solidité de l’architecture sécuritaire occidentale qui est aujourd’hui remise en question. Synthèse et analyse.

Depuis plusieurs semaines, Donald Trump intensifie ses attaques contre OTAN, allant jusqu’à qualifier l’alliance de «paper tiger» dans un contexte de tensions croissantes liées à la guerre avec l’Iran et au manque de soutien direct des alliés européens.

Cette rhétorique s’inscrit dans une continuité politique entamée dès son premier mandat, mais elle prend aujourd’hui une dimension beaucoup plus concrète avec l’idée assumée d’un retrait américain.

Le point de rupture semble être le refus de plusieurs pays européens de participer aux opérations visant à sécuriser le détroit d’Ormuz, ce que Trump interprète comme une absence de réciprocité stratégique.

Dans ce contexte, le président américain remet en cause le principe implicite selon lequel les États-Unis garantissent la sécurité de l’Europe en échange d’un alignement politique et militaire.

Ce discours trouve un écho croissant dans une partie de l’opinion publique américaine, notamment du côté républicain, où le soutien à l’OTAN s’érode progressivement.

Parallèlement, les marchés commencent à intégrer ce risque géopolitique comme une variable crédible, même si elle reste extrême.

Ce qui était autrefois un tabou stratégique devient donc un scénario discuté ouvertement.

Cette évolution marque un tournant dans la perception du rôle international des États-Unis.

Et surtout, elle pose une question centrale: l’Amérique est-elle en train de redéfinir son engagement global?

Qu’est-ce que l’OTAN?

L’OTAN, fondée en 1949 au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, constitue une alliance militaire reposant sur le principe de défense collective entre l’Amérique du Nord et l’Europe.

Elle regroupe aujourd’hui 32 pays, allant des États-Unis au Canada, en passant par la majorité des États européens, dont la France, l’Allemagne ou encore les pays d’Europe de l’Est.

Son fondement repose sur l’Article 5, qui stipule qu’une attaque contre un membre est considérée comme une attaque contre tous.

Ce mécanisme n’a été activé qu’une seule fois, après les attentats du 11 septembre 2001 en soutien aux États-Unis.

Contrairement à une idée répandue, l’OTAN ne dispose pas d’une armée propre, mais coordonne les capacités militaires des États membres.

Dans les faits, la structure de commandement et la puissance opérationnelle reposent largement sur les États-Unis.

L’alliance est également un outil politique, facilitant la coordination stratégique et diplomatique entre ses membres.

Elle a joué un rôle déterminant durant la Guerre froide, puis dans les interventions post -2000.

Ainsi, l’OTAN représente à la fois une architecture militaire et un pilier du système international occidental.

La question du financement de l’OTAN est au cœur des tensions actuelles et constitue l’un des arguments centraux avancés par Donald Trump pour justifier sa remise en cause du fonctionnement de l’alliance, qu’il considère comme déséquilibré et structurellement défavorable aux intérêts américains.

Les États-Unis représentent en effet environ 62% des dépenses militaires totales de l’alliance, un niveau qui reflète à la fois leur supériorité stratégique et leur rôle historique de garant ultime de la sécurité occidentale depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Face à cela, les pays européens ont longtemps été accusés de sous-investir dans leur défense, profitant d’un «dividende de la paix»........

© Les Affaires