menu_open Columnists
We use cookies to provide some features and experiences in QOSHE

More information  .  Close

En philanthropie, aux grands pouvoirs reviennent de grandes responsabilités

21 0
03.03.2026

EXPERT INVITÉ. Lors d’une récente entrevue à Radio-Canada, on m’a demandé si la philanthropie était une forme de pouvoir. La réponse fut spontanée: oui. Prétendre le contraire serait être déconnecté de la réalité. Lorsque l’on concentre des milliards de dollars d’actifs, que l’on décide quelles causes seront soutenues, à quelle hauteur, selon quels critères et à quel rythme, on exerce nécessairement une influence réelle sur les changements sociaux, l’ordre du jour public et les priorités politiques.

Ce pouvoir, en soi, n’est pas problématique. Que des gens fortunés veuillent contribuer au bien commun par la philanthropie, il y a de quoi se réjouir. Assurément. Qui plus est, au Canada, ce pouvoir est majoritairement exercé de façon responsable, alignée sur des valeurs largement partagées comme la justice sociale, l’équité, la réconciliation ou la transition écologique. Ne sommes-nous pas le «plus meilleur pays au monde»?

D’ailleurs, qui peut se proclamer gardien de ce qui consiste une cause méritoire?  Si la question se pose avec autant d’acuité aujourd’hui, c’est parce que la concentration de la richesse atteint des niveaux sans précédent. Le plus récent rapport d’Oxfam le rappelle de façon claire. La richesse privée croît à un rythme accéléré entre les mains d’un nombre toujours plus restreint d’individus, pendant que l’État peine à financer adéquatement les services publics et les infrastructures essentielles. Cette dynamique fragilise la cohésion sociale et soulève des enjeux démocratiques majeurs.

Mais cette richesse privée, ne devrions-nous pas nous réjouir collectivement........

© Les Affaires