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Ivresses

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Mon premier contact avec l’ivresse a lieu lors d’un repas chez le frère d’une belle-sœur de ma mère. Sa femme est mexicaine; elle nous propose une cuisine simple et savoureuse, que nous n’avions jamais eu l’occasion de goûter. Je me rappelle de grandes pommes de terre en papillote, fendues au milieu en fin de cuisson pour y ajouter du beurre, et de galettes de maïs que nous remplissons de diverses garnitures. Ma mère a bu quelques verres et rigole plus que d’habitude. Je n’aime pas la voir ainsi. Cela me trouble. Je la trouve à la fois gênante et ridicule.

Quelques années plus tard, lors d’une promenade, mon père me parle des personnes alcooliques et toxicomanes. Non pour me mettre en garde ou me faire la morale, mais avec une profonde affliction. C’est l’époque du Platzspitz zurichois, dont je découvre les images au téléjournal. Celles-ci me sidèrent bien davantage que les comptes-rendus de conflits armés ou de famines: je ne comprends pas comment on peut s’infliger une telle autodestruction. Les mots de mon père font écho aux images. Ensemble,........

© LeCourrier