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Du genre & de la classe

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09.04.2026

Près de quarante ans après la disparition de Simone de Beauvoir – le 14 avril 1986 –, il convient d’interroger les évolutions du féminisme.

On s’accorde à distinguer quatre vagues de féminisme: la première apparaît avec les Lumières, la deuxième au moment des premières suffragettes dans la seconde moitié du XIXe siècle, la troisième – dont Beauvoir est une figure majeure – au cours des années 1970 et la quatrième avec le mouvement #MeToo, la visibilisation et la dénonciation des féminicides, la promotion du langage inclusif, etc.

On doit à l’autrice du Deuxième Sexe (1949) une critique résolue d’institutions comme la famille, le mariage ou encore la maternité minéralisée en destin; on lui doit aussi une formule décisive sinon définitive: «On ne naît pas femme: on le devient» – formule antinaturaliste détachant le genre (socialement construit) du sexe (biologique). Si cette conviction constitue l’une des sources primordiales des «études de genre», l’héritage de Beauvoir n’échappe pas à la critique contemporaine. La théorie queer, par exemple, tient désormais le genre lui-même pour «fluide»; la théorie intersectionnelle et le féminisme postcolonial considèrent la réflexion de l’existentialiste française comme par trop occidentalo-centrée; enfin, les féministes marxistes jugent son matérialisme........

© LeCourrier