Guerre en Ukraine: ne nous mentons pas à nous-mêmes
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Ne sommes-nous pas en train de nous mentir à nous-mêmes? Depuis le 24 février 2022, date à laquelle la Russie de Vladimir Poutine a lancé une invasion à grande échelle en Ukraine après avoir déjà occupé une partie du Donbass et annexé la Crimée en 2014, rien n’avance. Alors que la guerre va entrer dans sa cinquième année, Moscou continue de bombarder la capitale, Kiev, à l’aide de missiles balistiques.
L’Amérique de Donald Trump a ses magnats de l’immobilier devenus émissaires de la «paix», Steve Witkoff et Jared Kushner, pour faire croire qu’elle œuvre à trouver un compromis acceptable pour les deux belligérants. Mais son approche indique le contraire. Les récentes discussions de Genève ont été jusqu’ici davantage un théâtre de faux-semblants qu’elles n’ont traduit une réelle volonté de faire de la diplomatie au nom de la paix. Pour Donald Trump, l’enjeu est simple: donner au maître du Kremlin ce qu’il veut pour régler une fois pour toutes la question ukrainienne avant les élections de mi-mandat de novembre et, si possible, faire des affaires. Sur le plan international, la méthode expéditive du Bureau ovale a pourtant montré toutes ses limites.
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Le président ukrainien, qui a déjà avalé de nombreuses couleuvres de Washington, l’a récemment déploré: la Maison-Blanche exerce une pression excessive sur Kiev. Traduction: elle est en train de tordre le bras de l’Ukraine pour satisfaire à tout prix un Vladimir Poutine dont le dessein n’est pas de mettre fin le plus rapidement possible à un conflit qui a déjà fait plusieurs centaines de milliers de morts. Depuis longtemps déjà, les forces russes ne s’attaquent pas aux seuls intérêts militaires ukrainiens: elles pilonnent des zones résidentielles et détruisent les infrastructures civiles pour saper le moral des Ukrainiens. Des frappes qui ont toutes les caractéristiques de crimes de guerre selon les Conventions de Genève.
Et les Européens? Ils n’ont pour l’heure pas réussi à faire le saut qualitatif pour apporter le soutien supplémentaire nécessaire à l’Ukraine. Or l’enjeu est fondamental: il y va de l’avenir du continent. Les experts en sécurité sont unanimes: si on ne stoppe pas Vladimir Poutine, ce dernier ne s’arrêtera pas à l’Ukraine. Mais l’unité européenne fait défaut. Le premier ministre hongrois, Viktor Orbán, menace de bloquer un prêt de l’UE de 90 milliards d’euros si l’Ukraine ne lui livre pas du pétrole russe. Français et Allemands n’arrivent pas à s’entendre sur une vraie vision européenne de la défense.
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L’éditorialiste d’origine russe Masha Gessen a un terme pour décrire la détermination de l’Ukraine: nezlamnist. Elle est «invincible ou incassable». Volodymyr Zelensky a démontré une résilience hors pair dans un pays qui a pourtant connu, sous sa présidence, un énorme scandale de corruption impliquant certains de ses proches conseillers. Avec son inventivité technologique, avec son sens de la souveraineté et de l’intégrité territoriale, elle n’est pas prête à faire le jeu de l’impérialisme poutinien, ni de l’amateurisme trumpien.
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