Neutralité suisse: l’heure de la clarification
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Après le Conseil des Etats, le Conseil national examinera à son tour, lors de cette session de printemps, l’initiative populaire «Sauvegarder la neutralité suisse». Le débat est important pour notre pays, car il concerne l’un des piliers du particularisme helvétique, celui qui est le plus à même de nous protéger des affres de la guerre. Reconnue internationalement en 1815 par l’Acte final du Congrès de Vienne, la neutralité suisse est depuis lors perpétuelle, armée et autodéterminée. Mais l’idée de neutralité est plus ancienne encore. Au XVe siècle déjà, saint Nicolas de Flüe exhortait les Confédérés à préserver l’unité intérieure et à éviter les querelles extérieures. Son appel, «ne vous mêlez pas des affaires étrangères», exprimait une intuition fondatrice: la cohésion interne et la retenue extérieure devaient être les meilleures garanties de paix pour notre pays. Cela est aujourd’hui plus vrai que jamais, au vu des agitations du monde actuel.
Quelques décennies plus tard, après la défaite de Marignan, la Paix perpétuelle de Fribourg, conclue en 1516 entre la Confédération et la France, marqua un nouveau tournant. Elle mit fin aux grandes ambitions militaires expansionnistes des Confédérés et ouvrit une longue période de stabilité. Sans constituer encore la neutralité au sens moderne, elle installa durablement une logique de retrait stratégique et de préservation. Ce fut toutefois en 1815, au Congrès de Vienne, que la neutralité suisse reçut sa reconnaissance formelle par les grandes puissances européennes. Cette reconnaissance internationale fit de la Suisse un Etat neutre permanent, dont l’inviolabilité territoriale était désormais garantie. Dès lors, la neutralité devint un élément structurant et protecteur de notre politique extérieure.
