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Face à l’Iran, rester timidement neutres et ne froisser personne en attendant l’heure de la diplomatie

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11.03.2026

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Ancien ambassadeur, François Nordmann partage ses réseaux et ses infos sur les coulisses de la diplomatie au début de chaque semaine.

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Tous les gouvernements d’Europe occidentale ont marché sur des œufs pour prendre position sur la guerre déclenchée par Israël et les Etats-Unis en Iran, sauf l’Espagne, qui a choisi de s’opposer frontalement à la politique américaine, tandis que Sir Keir Starmer, le premier ministre britannique, et Emmanuel Macron, le président français, faisaient part de leurs réticences face à l’intervention américaine, guère conforme au droit international. Non pas que les autres dirigeants occidentaux aient tourné le dos aux règles du droit international; ils sont tous conscients que ses limites ont été franchies. Mais l’opportunisme leur conseillait de ne pas se prévaloir trop ouvertement de la violation du droit international, au risque de mettre en péril leurs relations déjà compliquées avec le président Donald Trump.

A la fin de la première semaine de la guerre, aussi bien la France que le Royaume-Uni et l’Espagne, tout récalcitrants qu’ils aient pu se montrer initialement, ont dû se résoudre à envoyer des frégates et des avions vers des bases menacées par l’Iran, à des fins purement défensives il va sans dire… Psychologiquement, les Alliés européens de l’Amérique ont mis du temps à se joindre à la guerre au Moyen-Orient.Ils n’ont pas été prévenus, encore moins consultés et Washington n’a pas envisagé de faire appel à eux avant de déclencher son offensive le 28 février dernier. Mais dans un contexte marqué par une lancinante interrogation sous-jacente, à savoir si les Américains viendraient au secours des Européens dans le cas où ils seraient eux-mêmes l’objet d’attaques, on aurait pu s’attendre à d’autres réflexes, soit une offre de services plus spontanée aux Etats-Unis. Le chancelier fédéral allemand, Friedrich Merz, qui avait déclaré lors de la guerre des Douze-Jours l’année dernière que «les Etats-Unis et Israël faisaient le sale boulot à notre place», a su trouver, lors de sa visite à la Maison-Blanche le 4 mars dernier, l’attitude qui conviendrait à son hôte. Il s’est contenté de défendre en privé ses alliés britannique et espagnol malmenés par le président Trump quelques minutes plus tôt en conférence de presse.

Le Temps publie des chroniques, rédigées par des membres de la rédaction ou des personnes extérieures, ainsi que des opinions et tribunes, proposées à des personnalités ou sollicitées par elles. Ces textes reflètent le point de vue de leurs autrices et auteurs. Elles ne représentent nullement la position du média.


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