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Veronica Fusaro et le nouveau soft power suisse à l’Eurovision

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L’Eurovision, traversée par des alliances régionales et de stratégies d’influence, n’est pas une arène où la neutralité est possible. Comment la Suisse peut-elle affronter ce dilemme: harmonie apparente et compétition sourde? La réponse apportée par la SRG SSR est précisément Veronica Fusaro. Son choix n’est pas un recul après l’audace de Nemo. Son titre, issu de l’album Looking for Connection, publié en octobre 2025 et retravaillé pour le format du concours, raconte l’histoire d’une femme dont la voix est progressivement confisquée. Le propos est politique: les violences faites aux femmes, sous toutes leurs formes, physique et psychologique, sont dénoncées. La Suisse reste au centre de la scène médiatique de l’Eurovision. A sa façon.

Veronica Fusaro n’est pas une candidate construite pour l’Eurovision: elle est une artiste confirmée choisie pour l’Eurovision. Née à Thoune, dans le canton de Berne, de père italien et de mère suisse, elle incarne une biographie qui est déjà, en soi, une déclaration politique dans un pays quadrilingue où l’identité nationale se conjugue au pluriel. Ses textes mêlent la précision lyrique anglophone à une sensibilité nourrie par les cultures germanophone et italophone qui composent son histoire familiale. Son parcours artistique dessine une trajectoire de sobriété studieuse. Repérée en 2016 par SRF 3, qui lui décerne le titre de «Best Talent», elle construit depuis lors une carrière de terrain.

Le Temps publie des chroniques, rédigées par des membres de la rédaction ou des personnes extérieures, ainsi que des opinions et tribunes, proposées à des personnalités ou sollicitées par elles. Ces textes reflètent le point de vue de leurs autrices et auteurs. Elles ne représentent nullement la position du média.


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