Sophia Aram – Vive la lutte des classes (en business class)
« Dis-moi ce que tu fais de ton argent, je te dirai qui tu es. » Dans la bouche du vulgum pecus, la formule signerait l’hubris d’un boomeur tenant pour universel ce qui n’est qu’un mauvais slogan tout droit sorti du cerveau fatigué d’une bande de publicitaires coincés dans les années 1990 et la coke. Dans celle de Matthieu Pigasse, cette platitude souligne aussi toute la tartuferie d’un milliardaire poussant l’indécence jusqu’à se prendre pour Che Guevara.
Pourtant, tout semblait si bien parti après qu’il eut fait le choix, contestable, d’offrir à la mélenchonie Les Inrocks et Radio Nova. Deux fleurons vieillissants de la culture rock des années 1990, qu’il a rachetés (à la baisse) quelques années plus tôt et qui lui permettent aujourd’hui de faire allégeance à « la meute » en alimentant la bataille culturelle qui lui sert de campagne présidentielle.
Le storytelling visant à repeindre le milliardaire en citoyen responsable passait crème, le narrateur revendiquant fièrement son appartenance au........
