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Polémique autour des propos de François Ruffin: quand la gauche était « hostile » à l’immigration de travail

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tuesday

Il a « transgressé », disent ses détracteurs. Pire, François Ruffin s’est égaré « en terres xénophobes » (dixit Edwy Plenel) pour avoir violé une loi immuable et trentenaire, à gauche, qui consiste à ne jamais discuter de l’immigration autrement que dans un registre bénéfique. L’élu de la Somme est ainsi passé du rouge au brun en l’espace de quelques secondes, le temps qu’il lui a fallu pour dire son hostilité à l’immigration de travail dans le contexte d’un pays qui compte plus de 5 millions de demandeurs d’emploi toutes catégories. « Moi, je suis hostile à l’immigration pour le travail (…) Je ne veux pas que ce qu’on a fait hier sur l’industrie, la métallurgie, on le refasse aujourd’hui sur les services », a-t-il expliqué.

Révoltée, la gauche radicale tient son nouveau renégat, qu’elle malmène d’autant plus facilement que Ruffin cumule, à charge, ces différents traits : un homme, blanc, picard, éduqué chez les jésuites et, selon ce portrait, si peu conforme à l’alliage de la « Nouvelle France » sacralisée. Il est vrai que le défenseur des bourgs, contrairement à LFI, refuse de faire de la race la variable centrale de toute politique. Car ceux qui ont un minimum de culture historique savent que Ruffin s’inscrit dans la plus stricte tradition de la gauche depuis Jean Jaurès. Dans un discours à la Chambre de 1895, intitulé « Pour un socialisme douanier », le député socialiste déclarait : « Et de même, nous protestons contre l’invasion des ouvriers étrangers qui viennent travailler au rabais. (...) Nous voulons protéger la main-d’œuvre française contre la main-d’œuvre étrangère, non pas, je le répète, par un exclusivisme d’esprit chauvin, mais pour substituer l’internationale du bien-être à l’internationale de la........

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