« Personne ne peut dire exactement quels sont les objectifs de Trump en Iran »
« L’hubris sans l’idéalisme » : c’est ainsi que George Packer caractérise, dans les colonnes de la revue The Atlantic, la guerre en Iran déclenchée le 28 février par Donald Trump, avec l’appui d’Israël. Selon le journaliste, le président américain adopte ainsi une « version dégradée » du néoconservatisme, ce courant de pensée caractérisé par sa foi démesurée en la puissance américaine et sa capacité à exporter ses idéaux. Il fut pourtant, par le passé, un de ses contempteurs.
Cette intervention, qui a déjà abouti à l’élimination de l’ayatollah Ali Khamenei, aboutira-t-elle à la libération du peuple iranien ? George Packer prévient : au vu du caractère erratique et opportuniste de la politique étrangère de Donald Trump, les Iraniens pourraient bien se sentir trahis par les États-Unis. Il s’en explique auprès du Point.
Le Point : Dans quelle mesure la guerre en Iran déclenchée par Donald Trump s’inspire-t-elle de la doctrine néoconservatrice ?
George Packer : La période actuelle me rappelle 2003, quand un petit groupe de décideurs politiques et d’intellectuels autour de George W. Bush avait une foi formidable dans les capacités militaires des États-Unis et son influence par l’exemple, la capacité de ses idéaux démocratiques à changer le monde, à commencer par l’Irak. Aujourd’hui, on retrouve la même arrogance, la même ignorance, la même croyance déraisonnable en notre propre pouvoir, et en un sens la même indifférence au pays en question. Mais il ne faut pas pousser la comparaison avec les........
