Violences après le sacre du PSG : de quoi notre société souffre-t-elle ?
Paris s’est refait une beauté, mais les stigmates de la soirée du 30 mai sont toujours dans les esprits. Comme l’année précédente après la première victoire du Paris Saint-Germain en Ligue des champions, la nuit du doublé européen des hommes de Luis Enrique contre Arsenal a été marquée de violences émeutières.
En France, de tels débordements ne surprennent plus personne. La Fête de la musique 2025 avait donné lieu à une centaine d’interpellations à Paris. Et le dernier moment de célébration collective à l’échelle nationale, à savoir la deuxième étoile des Bleus de Didier Deschamps en 2018, avait lui aussi été entaché par des incidents.
De quoi notre société souffre-t-elle ? Dans un entretien au Point, Éric Delbecque, expert en sécurité intérieure, auteur de nombreux essais, dont Les Irresponsables, (Plon, 2025), brosse le portrait d’un pays fragmenté, qui ne produit plus de commun et où certains cadres d’autorité ont disparu.
Le Point : Comment expliquez-vous que certaines célébrations collectives, comme celle qui a suivi le sacre du PSG, se transforment en violences émeutières ?
Éric Delbecque : Dans notre pays, une victoire sportive n’est jamais exclusivement un événement sportif. Elle agit comme un révélateur de problèmes beaucoup plus profonds, structurels, de sécurité intérieure. Dans une société apaisée, structurée par des normes intériorisées et par un sentiment d’appartenance collective solide, la fête demeurera inscrite dans des comportements responsables.
À l’inverse, dans une société fragmentée et de plus en plus violente, comme la nôtre, elle devient un moment de bascule qui sert d’opportunité à l’expression de comportements délictuels, pour lesquels le sport sert uniquement de prétexte.
Est-ce aussi le prolongement du hooliganisme des années 1990 ?
Les violences observées ce week-end révèlent un phénomène plus profond que du hooliganisme « classique », à savoir l’existence d’une partie de la jeunesse socialisée dans une culture de la destruction, de la confrontation avec l’autorité et de la mise en scène histrionique de soi.
La « fête » devient alors un prétexte au déploiement d’une violence désinhibée, provoquant en toute conscience l’ordre public et les valeurs républicaines. Le match compte peu face à la pulsion très brutale de prendre possession symboliquement et concrètement de........
