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À La Scala, des lycéens juifs pris pour cibles

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14.06.2026

Le 4 juin 2026, La Scala, un théâtre parisien, accueille, dans le cadre d’un parcours culturel, plusieurs centaines de lycéens, dont des élèves de l’Alliance israélite universelle des Pavillons-sous-Bois. Mais des incidents perturbent la représentation.

Ce qui s’est passé à La Scala mérite d’être dit d’abord, clairement, calmement, parce qu’il ne s’agit ni d’une anecdote ni d’un simple « incident ». La journée devait être consacrée à la découverte d’œuvres, à la rencontre avec des artistes, à l’apprentissage de la liberté de création. Elle s’est transformée en tout autre chose.

Du discours militant à la violence verbale

Un lycéen, Aaron, raconte la scène. Le thème de la journée était « Femmes, scène et liberté ». Vers 13 heures, le directeur de la salle de spectacle, Frédéric Biessy, prend la parole pour un discours présenté comme une réflexion sur la liberté d’expression. Il rappelle que les spectacles préparés par les lycéens s’inscrivent dans ce thème, en référence au mouvement « Femmes, vie, liberté » qui s’oppose au régime des mollahs en Iran.

Puis il élargit son propos à la situation internationale. Selon les citations rendues publiques, il met en cause la responsabilité de dirigeants comme Donald Trump, Vladimir Poutine et Benyamin Netanyahou dans un « rétrécissement » de la liberté d’expression, en usant de formules insultantes à leur égard. Il va jusqu’à parler de « cet abruti de Trump » et du « non moins taré Netanyahou », avant d’évoquer, à propos de Vincent Bolloré, une « espèce de rétrécissement de la liberté d’expression réelle, profonde » qui serait en cours. La salle réagit, des cris et de vifs applaudissements éclatent. Dans les extraits de ce discours qui ont été diffusés, il ne mentionne pas explicitement la Palestine ou Israël.

La pièce commence. Une dizaine d’élèves sortent alors de la salle, principalement des élèves juifs, selon Aaron. À la pause, tout le monde sort, puis les professeurs décident que les classes doivent retourner au théâtre. C’est au moment du retour........

© Le Point