11 Septembre : l’attentat dont on efface les coupables
Que s’est-il donc passé ? Une tragédie : un coup du destin, désincarné, abstrait, sans mains derrière, sans coupables. C’est ainsi que le maire de New York choisit désormais de raconter le 11 Septembre. Il le décrit non pas seulement comme un attentat, mais comme une « tragédie », un « jour sombre », une blessure de la ville, une épreuve surmontée par l’héroïsme et la résilience, dans la pure story américaine.
Dans ses mots, Mamdani ne nie pas le terrorisme. Il parle des « horribles attentats terroristes du 11 septembre », des morts, des familles, des secouristes. Il dit que « ceux qui ont attaqué notre ville » pensaient pouvoir « nous briser dans nos fractures », nous faire peur, nous laisser « à genoux ». Mais qui sont-ils ? Cette semaine de célébration émue, jamais il ne convoque les termes du réel : islamisme, djihadisme, Al-Qaïda, Ben Laden. Le terrorisme est nommé ; pas sa doctrine. Il commémore le crime ; sa matrice politique et religieuse reste hors champ.
Ce travail d’effacement ne date pas de cette semaine. Il dissocie les auteurs de leur doctrine et, par glissement, fait disparaître l’islamisme politique, le djihadisme transnational, Al-Qaïda et son chef, Oussama ben Laden. Le 11-septembre n’est pas un séisme, une inondation : c’est un attentat de masse revendiqué et orchestré par Al-Qaïda, organisation djihadiste transnationale dirigée alors par Oussama ben Laden. Le rappeler ne rend pas........
