De Gaulle, un modèle pour la génération Z ?
C’était mal parti. La Bataille de Gaulle, l’un des plus gros budgets du cinéma français, avait démarré timidement. Le bouche-à-oreille et la canicule ont transformé le faux départ en succès mérité. Dans les salles obscures, toutes les générations se sont retrouvées et ont senti leurs poils se hérisser sous l’effet d’un élan patriotique que l’époque, d’ordinaire, reçoit en se bouchant le nez. Tous les publics ont afflué. De Gaulle « figure toujours comme le président préféré des Français dans les enquêtes d’opinion », note Bruno Cautrès, chercheur au Cevipof.
Mais « il serait exagéré de parler d’une de Gaulle-mania. Par la marche du temps, beaucoup ne savent plus très bien qui il était », tempère d’emblée l’historien Jean Garrigues. Et justement, voilà une excellente occasion de rappeler aux jeunes générations qui il était, avec ces deux longs-métrages qui reviennent sur l’épopée gaullienne de 1940 à 1944. Car de Gaulle a bien des choses à raconter à la génération qui vient.
À l’écran, le chef de la France libre est entouré de jeunes. Dans le premier volet, le réalisateur Antonin Baudry donne une place centrale à ces hommes de 20 ans dont l’héroïsme aimante le regard. En parallèle de l’histoire, on suit ainsi Fernand Bonnier de la Chapelle, interprété par Florian Lesieur, accompagné des premiers mouvements lycéens qui convergent le 11 novembre 1940 sous l’Arc de Triomphe pour manifester leur refus de la collaboration. Et à Londres, la petite équipe embryonnaire de la France libre arbore un visage bien juvénile.
« Ce fut une aventure de jeunes hommes », dira le résistant Yves Guéna qui rejoint la Résistance dès juin 1940. À commencer par les légendaires marins de l’île de Sein qui apparaissent à l’écran en baragouinant du breton, après avoir répondu à l’appel du 18 juin, et dont l’un ment sur son âge, alors qu’il n’est même pas majeur.
Un jeune parmi les vieux
Et de Gaulle lui-même est un jeune parmi les vieux. Quand Hitler débarque à Paris, Philippe Pétain a 84 ans. « La gérontocratie du monde politico-militaire de 1940 était telle que de Gaulle, à 50 ans, paraissait indécent de jeunesse », raconte l’historien et essayiste........
