menu_open Columnists
We use cookies to provide some features and experiences in QOSHE

More information  .  Close

Claire Koç : « Parce que je suis catholique, combien de fois m’a-t-on traitée de « ravie de la crèche » ! »

20 0
02.03.2026

Son premier livre, en 2021, Claire, le prénom de la honte, où cette journaliste d’origine turque naturalisée Française en 2008 racontait son travail d’intégration qui l’avait conduit a changer de prénom, lui avait valu des menaces de mort d’activistes pro-Turcs. Deux ans plus tard, dans Le jour où je me suis convertie, elle confiait son cheminement spirituel qui l’avait mené vers la foi catholique.

Son nouveau livre, Le paradis français (Ed. du Cerf), est une flânerie charmante à travers les richesses dont regorgent notre pays, que nous ne voulons pas toujours voir, et que Claire Koç nous invite à contempler avec des textes lumineux et des aquarelles qui ont l’allure de dessins de Sempé. Rencontre avec une combattante de l’espérance.

Le Point : Vous parlez de « paradis français » alors que le pays traverse une période de très haute tension. Ne craignez-vous pas de prendre les Français à contre-pied ?

Claire Koç : Mon discours va un peu à contre-courant de la morosité ambiante. C’est une volonté assumée. Nous avons trop souvent tendance à voir le verre à moitié vide, alors que pour moi, il est débordant. Je souhaite réenchanter le mot « patrie ». À écouter certains commentateurs, il s’agit-là d’un mot horrible, alors qu’il représente tout ce qu’un pays offre de merveilleux à ses citoyens et à ceux qu’il accueille.

Je fais partie de ces accueillies. Arrivée en France comme réfugiée politique à l’âge d’un an, j’ai appris le français au CP. Face au « cauchemar national » que certains évoquent à l’envi, je préfère célébrer le « roman national ».

Vous abordez la gastronomie et bien d’autres thèmes, mais vous parlez assez peu de religion, alors que c’était un sujet central dans vos ouvrages précédents. Pourquoi ce choix ?

J’avais déjà consacré un livre entier à la religion. Ce troisième ouvrage vient clore une forme de trilogie – un clin d’œil, sans blasphème aucun, au Père, au Fils et au Saint-Esprit. Pour moi, il est évident que le « paradis français » est d’inspiration spirituelle, je n’avais pas besoin d’en rajouter. Même si je n’utilise pas toujours les mots « religieux » ou « spirituel », tout ce que l’homme a bâti ici a été fait pour toucher la grâce.

Je pense que la spiritualité a poussé nos bâtisseurs, qu’ils soient paysans ou architectes, à se surpasser pour « tutoyer les anges ». Il y a dans l’identité française quelque chose qui relève du catholicisme, et je voulais rendre hommage à cela.

Pour vous, qu’est-ce qu’être français en 2026 ?

Être français, c’est aimer la France et, plus que jamais, la........

© Le Point