BHL - L’antisémitisme a-t-il gagné ? Réponse à Niall Ferguson
L’historien Niall Ferguson vient de publier dans The Free Press l’un de ces textes dont les États-Unis ont le secret et qui, comme hier ceux de Francis Fukuyama ou Samuel Huntington, déplacent le centre du débat.
L’article s’intitule « The Death of History ».
Il décrit une Amérique prise en étau par un double antisémitisme qui, à droite, ne prend plus la peine de dissimuler sa nostalgie du nazisme et, à gauche, croit avoir trouvé, avec la condamnation du « sionisme génocidaire », l’arme absolue.
Il montre que le négationnisme, clé de voûte du dispositif, est sorti des égouts où il végétait depuis des décennies pour devenir une force historique.
Et il insiste sur les effets de l’intelligence artificielle qui, avec ses voix fabriquées et pilotées depuis des fermes numériques, donne à ce flot de mensonges et de haine une force de frappe inédite.
Sur ces points il a raison.
Là où je cesse de le suivre, c’est lorsqu’il conclut que la partie est perdue et que, face à cette nouvelle donne, l’Histoire a changé de camp et que les serviteurs de la vérité ont échoué.
D’abord la disqualification de la vérité n’est pas née avec ChatGPT, TikTok et leurs algorithmes.
N’était-ce pas déjà la propre doctrine des sophistes, ces virtuoses de l’apparence........
