Péages: Québécois, réveillez-vous!
Selon un sondage Leger, un Québécois sur deux se dit favorable aux péages. Certes, même le tiers-monde a pitié de nos routes, mais accepter des frais supplémentaires, c’est du délire !
L’automobiliste québécois est taxé à l’achat de son véhicule, même lorsqu’il est usagé. Il paye l’immatriculation et le permis de conduire, y compris une contribution au transport collectif et de nébuleux frais administratifs. Il est ensuite taxé à la pompe : taxe d’accise, taxe sur le carburant, taxe sur l’essence, sans oublier et la TPS et la TVQ, lesquelles s’appliquent sur toutes les autres taxes. Car au Québec, on taxe les taxes !
Dans ce contexte, invoquer le principe de l’utilisateur payeur est une fumisterie, car l’utilisateur paye déjà. Et largement ! On peut même parler d’utilisateur plumé. Or, il y a des limites à multiplier les factures pour un service déjà financé.
Et si l’on tient à cette logique, pourquoi s’arrêter aux voitures ? L’aménagement et l’entretien des pistes cyclables coûtent une fortune. N’est-il pas temps que leurs utilisateurs payent également ?
L’État, tous paliers confondus, n’a pas un problème de revenus. Il a un problème de priorités. Il a démontré son manque de discernement en dilapidant des milliards dans des projets industriels aussi boiteux que coûteux.
Or, gouverner, ce n’est pas multiplier aveuglément les ambitions, voire les lubies. C’est hiérarchiser en fonction de la mission première de l’État. Et dans une société où l’État respecte son peuple, l’entretien des infrastructures de base précède toutes stratégies industrielles hasardeuses.
Mais aujourd’hui, notre classe politique confond solution et taxation.
Le contribuable, lui, est trop bonasse pour opposer un refus et exiger une hiérarchisation rigoureuse des priorités. Il ne comprend pas que tant qu’il accepte de payer plus, il subventionne l’incompétence et alimente un État vampire.
