La machine est trop lourde!
La semaine dernière, à l’émission Dans le blanc des yeux, animée par Sophie Durocher, l’humoriste José Gaudet, qui a commencé sa carrière en travaillant aux côtés de Robert Bourassa, disait ce qu’il pensait de la politique.
« J’ai compris beaucoup de choses en travaillant dans le milieu de la politique. Beaucoup de gens arrivent avec de bonnes idées, de bonnes volontés.
« Mais le système est conçu de façon à ce que tu ne te rendes quasiment jamais jusqu’au bout de tes idées. Il y a toujours quelqu’un pour t’empêcher de changer les choses. La bureaucratie est trop lourde.
« Si quelque chose est en place dans le système, c’est que ça profite à un groupe de personnes. Alors, si toi, t’arrives et tu veux changer les habitudes, les façons de faire, ces gens-là vont se battre pour que tu ne puisses rien changer.
« Et cette force d’inertie est présente à tous les paliers de la machine. Prends les hauts fonctionnaires. Ces gens-là font un boulot essentiel, mais ils n’ont pas été élus. Et souvent, ils sont déphasés par rapport au gouvernement en place. Et ils t’empêchent d’avancer dans le sens où tu veux aller.
« Regarde un Barack Obama, par exemple, qui est arrivé avec plein d’espoir. Obama, c’était un vent de renouveau, on capotait quand il a été élu. Or, qu’est-ce qu’il a réussi à changer ? Pas grand-chose.
Et pourtant, mondialement, il était perçu comme l’homme de la situation. »
ÉCRASÉS SOUS LA PAPERASSE
Je partage les propos de José, car de plus en plus de gens pensent comme lui.
À savoir que la machine est trop lourde. Qu’elle étouffe toute initiative. Qu’elle écrase ceux et celles qui veulent la changer. Qu’elle se sert, elle, plutôt que de nous servir.
Dans le cadre de l’émission quotidienne que j’anime sur les ondes du 99,5 FM, je discute régulièrement avec des entrepreneurs, des gens du milieu de la construction, des affaires, du commerce. Ils me disent tous la même chose : ils sont étouffés par la paperasse, ce qu’on appelle le « red tape », c’est-à-dire la bureaucratie, les réglementations, les procédures, les formalités, bref, la lourdeur administrative.
« Ça tue tout esprit d’initiative », me disent-ils.
Et ça, c’est seulement la force d’inertie présente à l’intérieur de la machine.
Car il y a aussi celle qui est présente à l’extérieur.
Les corporations professionnelles, les syndicats, les militants de ci et de ça qui ne veulent pas eux non plus que ça change.
« Avant, quand un gouvernement prenait une décision, il pouvait se faire critiquer par une dizaine de journalistes, continuait José Gaudet. Aujourd’hui, avec les médias sociaux, tu en as des millions ! Qui te critiquent 24 heures sur 24 ! »
Résultat : les gouvernements sont de plus en plus prudents. Et ont de plus en plus les pieds et les poings liés.
LE FANTASME DE « L’HOMME FORT »
Il y a quelques jours, sur les ondes de France Culture, deux intellectuels qui ont chacun écrit un livre sur Trump discutaient du président des États-Unis.
« Les gens veulent de l’action, l’impuissance accouche du rêve et du fantasme de l’homme fort qui va tout régler, disaient-ils. Voilà pourquoi autant d’Américains ont voté pour Trump. Parce qu’ils voient en lui un homme d’action, qui agit, qui passe par-dessus les institutions pour régler des problèmes qui sont perçus comme insupportables. On disait par exemple que l’immigration massive n’était pas arrêtable. Or, Trump l’a arrêtée. On peut dénoncer ses méthodes, mais il a agi. Et ce besoin de l’homme d’action, on ne le voit pas seulement aux États-Unis, mais un peu partout en Europe. »
Actuellement, sur la plateforme MUBI, on peut regarder une extraordinaire série italienne sur la montée de Mussolini (Mussolini : l’enfant du siècle).
Qu’est-ce qu’on nous raconte ? Que le fascisme italien est né du sentiment d’impuissance que les Italiens ressentaient face à une démocratie qu’ils jugeaient inefficace, paralysée.
N’est-ce pas ce qui est en train de se passer un peu partout sur la planète ?
On déplore, avec raison, que l’autoritarisme ait le vent dans les voiles.
Or, la meilleure façon de lutter contre la montée de ce phénomène n’est pas de former des hordes d’antifas aux méthodes fascistes.
C’est d’alléger la machine afin de rendre la démocratie efficace à nouveau.
Cessons de répéter ce mensonge !
Quand va-t-on cesser de dire que des travailleuses de soutien scolaire ont perdu leur emploi à cause de la méchante loi 94 ?
Ce n’est pas l’élargissement de la loi sur la laïcité qui a poussé ces femmes voilées à quitter leur emploi, c’est leur vision rigoriste de leur religion. De même, si un fonctionnaire perd son emploi parce qu’il refuse d’enlever son t-shirt faisant la promotion d’un parti politique lorsqu’il est au travail, ce n’est pas la loi qui le rendra chômeur, ce sont ses convictions.
Il préfère perdre son emploi plutôt que respecter le règlement ? Son choix !
Boycotter des médicaments israéliens ?
Ainsi, une pharmacienne propalestinienne qui travaille à l’Université McGill encourage le boycottage de médicaments développés en Israël.
Cette dame devrait aller au bout de ses convictions, et refuser d’utiliser une clé USB, l’application Waze, les « doubles caméras » dans son iPhone, une imprimante numérique, des batteries rechargeables, des systèmes d’identification faciale, etc., car ces gadgets technologiques sont tous des inventions israéliennes.
Allez sur internet, madame, et tapez « inventions israéliennes », vous verrez : la liste est énorme. Car actuellement, les Israéliens sont les champions mondiaux de l’innovation et de la recherche scientifique, « une terre de miracle technologique », comme l’écrivait le magazine Québec Science.
Trop beau pour être vrai
C’est plate à dire, mais c’est la vérité : on ne pourra jamais empêcher les fraudeurs de frauder. Surtout avec l’IA, qui se développe à la vitesse grand V. Les bandits vont toujours trouver de nouvelles façons de vous harponner.
Alors, il faut être vigilant.
Mon conseil ? Ne vous fiez jamais à une pub qui utilise une personnalité connue pour vous vendre des produits financiers capables de vous rendre millionnaire du jour au lendemain. Jamais.
C’est trop beau pour être vrai ? Alors, ce n’est pas vrai.
