Les sous-marins, l’arme secrète de l’Iran?
Donald Trump se vante d’avoir détruit la marine iranienne. Il répète que ses navires ont tous été envoyés par le fond. Plus de 30 navires de guerre iraniens ont été coulés par les Américains. Mais jusqu’ici, les États-Unis n’ont reconnu n’avoir détruit qu’un sous-marin iranien. Le 3 mars dernier, le CENTCOM a publié une vidéo sur X annonçant avoir coulé un submersible de classe Fateh, près de son quai à Bandar Abbas, en Iran.
L’Iran a équipé un sous-marin Fateh (possiblement celui qui a été détruit) d’un système de propulsion anaérobie (AIP, Air Independent Propulsion) permettant aux sous-marins non nucléaires de rester en plongée pendant plusieurs semaines. Trois autres Fateh sont en construction. Ils pourraient donc se rendre près de la côte est des États-Unis.
La République islamique dispose d’environ 34 sous-marins, dont trois de classe Kilo, construits en Russie et pouvant lancer des missiles de croisière antinavires et des torpilles. Le pays possède également une flotte de 23 mini-sous-marins de classe Ghadir, équipés de torpilles et de missiles qui dissuadent sans doute le porte-avions américain Abraham Lincoln de s’aventurer près des côtes iraniennes. Téhéran peut aussi utiliser ses sous-marins pour miner le détroit d’Ormuz. Ils constituent donc une menace claire et immédiate pour l’US Navy.
Kim Jong-un à la rescousse des ayatollahs
Les ententes entre la Corée du Nord et l’Iran sont en pleine expansion : les deux pays ont récemment renforcé leur coopération bilatérale, en particulier dans les domaines nucléaire et balistique. Un missile balistique iranien basé sur un modèle nord-coréen a été tiré fin janvier. L’été dernier, Téhéran a testé un missile similaire au missile le plus avancé de la Corée du Nord, le Musudan.
L’Iran est aussi à élargir et à moderniser sa flotte sous-marine avec l’aide de la Corée du Nord, une source de vive inquiétude à Washington.
La Corée du Nord possède l’une des plus grandes flottes de sous-marins au monde, comptant entre 64 et 80 submersibles. Elle ne dispose pas encore de sous-marin nucléaire opérationnel, mais elle en développe activement. Kim Jong-un a fait de cette technologie une priorité.
L’Iran ne possède pas de sous-marins à propulsion nucléaire, mais en 2018, des responsables iraniens ont informé les Nations unies qu’ils prévoyaient d’en construire à l’avenir.
Vladimir Poutine n’oserait sans doute pas transférer aux Iraniens le savoir nucléaire russe, mais en serait-il de même pour Kim Jong-un ?
Même si les capacités nucléaires iraniennes sont complètement détruites par les frappes israélo-américaines, l’Iran pourra compter sur un transfert de technologie de la Corée du Nord, qui possède l’arme nucléaire depuis 2006 et qui a mené depuis six essais atomiques. Selon des analystes, le renforcement des liens avec Téhéran figure parmi les principales priorités de Pyongyang.
