Eric Girard, le bonhomme Sept-Heures
Ajoutant sa voix aux tirs groupés contre l’engagement du PQ de tenir un référendum à la fin d’un premier mandat, Eric Girard a été promu, mercredi, chef du club des agitateurs d’épouvantail, y laissant au passage une belle grosse dose de crédibilité.
Le ministre des Finances caquiste a tout de même du front tout le tour de la tête. Selon ses prétentions, qui ne s’appuient sur aucune preuve, « ça coûte plus cher d’emprunter en raison de la perspective d’un référendum ».
La promesse référendaire, selon M. Girard, aurait déjà augmenté la dette de 20 M$, comme équivalent à cinq points de pourcentage de plus par année en paiements d’intérêts au Québec. Prêt à tout pour faire peur, il est même allé jusqu’à évoquer la somme de 200 M$ au bout de 10 ans...
Sans blague. Huit mois avant la possible élection d’un gouvernement péquiste, et quatre ans avant la possible tenue d’un troisième référendum. Comme si le marché réagissait aussi longtemps à l’avance et en se basant sur ce qui demeure, pour le moment, des suppositions.
Le ministre des Finances était pas mal moins scandalisé quand, pour des raisons électoralistes, son gouvernement a englouti 5 M$ pour faire venir les Kings à Québec. La CAQ a si peu fait à Québec qu’il fallait bien entretenir le mirage des Nordiques, en nourrissant la flamme.
Et je vous passe les sommes dépassant les 1,5 milliard de dollars dilapidés dans le scandale SAAQclic, et dans Northvolt et Lion électrique.
Mais le plus choquant, c’est que M. Girard lance ces données factices alors qu’il a été l’architecte, depuis 2018, de finances publiques désastreuses au Québec.
Le Québec s’est retrouvé dans un trou financier alors que la CAQ avait pourtant hérité d’une situation, sous Philippe Couillard, où l’équilibre budgétaire était atteint et où le poids de la dette avait été réduit.
« Il laisse la maison en ordre, les finances publiques en ordre, il n’y aura pas de surprises », avait reconnu François Legault après son élection comme premier ministre, en octobre 2018.
Soit, il y a eu la pandémie, mais les mauvaises décisions de la CAQ y sont aussi pour beaucoup dans cette déroute, qui a mené à la décote du Québec, en 2024, par Standard and Poor’s.
Cette année-là, le ministre avait déposé un budget déficitaire historique de 13,3 milliards.
Or comme l’ont relevé de nombreux analystes, pour expliquer sa décision, la firme n’a jamais parlé de « menace » de référendum. Elle a plutôt cité les déficits persistants, la hausse des dépenses publiques, de lourds investissements en infrastructures, un ralentissement démographique et l’impact des baisses d’impôts.
Les partis d’opposition avaient unanimement dénoncé la mauvaise gestion de la CAQ. La perspective d’un référendum, que les fédéralistes brandissent aujourd’hui à qui mieux mieux, n’avait alors été soulevée par personne.
Comme quoi la fièvre électorale change la donne, à l’approche du scrutin à l’automne. Sans chef jusqu’en avril, les élus caquistes sont comme des électrons libres qui se permettent de dire n’importe quoi.
Mais à vouloir trop en mettre avec l’objectif évident de faire peur aux Québécois avec le référendum, les fédéralistes insultent l’intelligence des Québécoises et des Québécois. Et ils se tirent dans le pied.
