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Christine Fréchette et la «recette» Carney

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On disait beaucoup que François Legault et son entourage étaient trop axés sur la forme. Soit sur la communication politique. Mais pas assez sur le fond. Soit sur des politiques publiques cohérentes et structurantes.

Or, jusqu’ici, la nouvelle première ministre Christine Fréchette se montre encore plus active sur le front prisé de la communication et de l’image.

De fait, à la tête d’un gouvernement impopulaire, n’ayant en plus que quelques semaines pour imposer le « style » Fréchette et voir si la CAQ peut sauver quelques meubles, elle n’a pas vraiment d’autre choix.

Depuis son assermentation, Christine Fréchette et son entourage semblent d’ailleurs s’inspirer fortement de la « recette » Carney de 2025.

Premier ingrédient : dès après son assermentation à la succession de Justin Trudeau, Mark Carney a su imposer son image de « grand négociateur » face aux menaces tarifaires de Donald Trump.

Pour le faire, il a su profiter de la prorogation du Parlement pour maximiser sa visibilité et ses annonces au pays et à l’étranger.

Évidemment, comme première ministre d’une province, Mme Fréchette n’est pas appelée à jouer un rôle majeur sur la scène internationale et canadienne.

Une recette à trois ingrédients

En multipliant les rencontres ce lundi à Washington, elle vise néanmoins à projeter l’image auprès des électeurs québécois d’une première ministre proactive et capable de les représenter à l’étranger.

Deuxième ingrédient : pour se distinguer de l’ère Trudeau, avec quelques annonces ciblées, Mark Carney s’était assuré de projeter l’image d’un chef tout autant « en mouvement » chez lui.

Pour se distinguer de l’ère Legault, Christine Fréchette fait la même chose. Notamment, entre autres, avec le déblocage du dossier de l’hôpital Maisonneuve-Rosemont.

Troisième ingrédient : nouer rapidement de nouvelles alliances. En plus de ses voyages dans les capitales européennes pour s’assurer du soutien d’autres chefs d’État face à Trump, Mark Carney avait aussi tissé des liens étroits et très publics avec ses homologues provinciaux.

Christine Fréchette s’en est inspirée à sa proche échelle. Le jour de son assermentation, elle annonçait que l’État québécois devait être un « meilleur partenaire » avec le gouvernement fédéral, les Premières Nations, etc.

Sans compter ses visites médiatisées avec Mark Carney, la mairesse de Montréal et le maire de Québec. Toutes menées sous le même thème d’une nouvelle ère de collaboration.

Cette image plus conciliatrice vise aussi à priver le Parti Québécois de conflits aptes à le renforcer tout en faisant de l’œil aux électeurs francophones fédéralistes tentés de retourner au bercail libéral sous Charles Milliard.

Une chose est sûre. En adoptant la « recette » Carney, Christine Fréchette et son entourage montrent qu’ils ont l’instinct communicationnel particulièrement aiguisé.

Le peu de temps dont elle disposera d’ici la campagne électorale dira toutefois si elle saura agir plus largement dans les dossiers véritablement prioritaires des Québécois : santé, éducation, logement, itinérance, coût de la vie, appauvrissement des aînés, etc.

Bref, le fond viendra-t-il rejoindre ou non la forme ?


© Le Journal de Montréal