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L’insoutenable légèreté du français

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11.04.2026

« La langue, comme la mer, est un espace mouvant où chaque génération laisse son sillage. Elle est un dépôt sacré où les siècles ont mis leur pensée, un trésor que chaque peuple doit défendre, enrichir et transmettre. Car perdre sa langue, c’est perdre la moitié de son âme. »

On m’a demandé de choisir un sujet. Un seul.

Un enjeu d’actualité solide, percutant, qui saurait effleurer la curiosité.

Pis là, j’mentirais pas, j’étais dans l’champ pas à peu près.

L’intelligence artificielle ? Trop simple.

Le wokisme excessif ? Trop loin.

La crise climatique ? Trop prévisible, voyons.

Faque, je me suis tourné les pouces, faute de devoir, malgré mon incontestable inconscience, développer un avis tranchant sur un sujet inexorablement complexe.

Jusqu’à ce que je réalise, de manière certes ironique mais flagrante, que la bourse même pour laquelle j’écris ces lignes repose sur un pilier tremblotant.

Un pilier qu’on croit immuable, mais qui se fissure à force d’indifférence et d’intégration inversée.

Ce pilier, c’est la langue française.

Au milieu d’un océan pratiquement anglophone, le Québec tient encore debout.

Mais combien de temps, un phare peut-il résister lorsque la mer monte ?

On nous laisse croire de manière presque insidieuse, que la société du bonjour-hi ne représente aucune menace pernicieuse pour l’identité........

© Le Journal de Montréal