Grandir dans l’ombre de la peur
On parle souvent de la violence conjugale comme une violence entre deux adultes, derrière une porte fermée. Pourtant, cette porte n’est jamais complètement fermée. Il y a souvent un enfant quelque part dans la maison. Même lorsqu’il ne « voit » rien, il entend, il devine, il apprend.
Au Québec, cette réalité devrait nous bouleverser davantage. Depuis le début de l’année 2026, dix femmes ont été tuées en contexte conjugal. Derrière chacun de ces drames, il y a aussi des enfants qui demeurent marqués par la peur.
Le cas de Véronic Champagne le rappelle avec force : sa fillette de quatre ans se trouvait dans l’appartement au moment des faits. Les enfants ne vivent pas la violence conjugale à distance. Ils y sont exposés, ils l’entendent, ils la ressentent et, trop souvent, ils en deviennent aussi des victimes.
Il faut cesser de croire qu’un enfant doit être frappé pour être atteint. Un enfant qui grandit dans la violence conjugale vit la peur dans son corps avant même de la comprendre avec sa tête. Il........
