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Trump trompe énormément

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13.03.2026

Comme beaucoup d’autres, j’ai d’abord cru que le président états-unien, Donald Trump, se souciait des élections de mi-mandat et veillait à ne pas s’aliéner ses partisans de la première heure, mais je n’en suis plus convaincu.

Déclarer la guerre à l’Iran à huit mois desdites élections, alors même que ce pays ne représente aucune menace directe pour les États-Unis et après avoir promis une politique isolationniste durant la campagne de 2024, n’est pas exactement une décision susceptible de rallier ceux qui scandaient alors « Les États-Unis d’abord ! ».

Ses conseillers les plus avisés, bien que probablement peu nombreux, ont certainement tenté de lui faire comprendre que ce conflit coûterait des sièges (le vice-président J.D. Vance lui-même, s’y oppose). Malgré tout, il a décidé de foncer. Pourquoi diable ?

Je pense que la domination du Parti républicain au Congrès lui importe moins désormais. Il a peut-être déjà jeté l’éponge, estimant avoir trop d’opposants au sein d’un parti qu’il aurait préféré voir basculer davantage à droite.

Depuis que la Cour suprême lui a fait perdre sa guerre commerciale — ce qui l’obligera à indemniser les entreprises états-uniennes qui en ont subi les conséquences —, Trump a changé. Puisqu’il s’agit de son ultime mandat, il se contentera désormais des outils à sa disposition. On ne l’empêchera pas de mener et de gagner des guerres avec des militaires qui lui obéissent (contrairement aux deux juges qu’il a lui-même nommés et qui ont voté avec la majorité).

Aiguillé et aiguillonné par l’Israélien Benjamin Nétanyahou, Trump joue aux gentils et aux méchants avec les mollahs. Il dépense près d’un milliard de dollars par jour, et le gouvernement le laisse faire. Après l’Iran, ce sera Cuba.

Les États-Uniens devraient s’interroger : leur président a-t-il trop de pouvoir ?


© Le Devoir