La chance de naître quelque part
Quand arrive la fin juin, avec ses vacances scolaires, ses pivoines en fleurs et ses fraises écarlates et sucrées, je me sens toujours délivrée d’un poids. C’est comme si je devenais soudainement plus légère dans mes habits de mère de trois enfants et de jardinière du dimanche, cette période marquant en quelque sorte mon éclosion annuelle, en parfaite synchronicité avec les fleurs de mes plants de concombres.
Les jours fériés de la fête nationale du Québec et de la fête du déménagement — accessoirement aussi fête du Canada — renforcent cette impression d’un temps un peu suspendu. Notre petite famille a même développé des traditions païennes pour célébrer la période du solstice d’été.
Pour ouvrir ces festivités annuelles, on organise un grand barbecue dans le parc avec mon petit village de voisin. On y célèbre la fin des classes, pour nos enfants, mais aussi pour les parents qui travaillent dans le réseau de l’éducation. Je vois dans les yeux de ces amis profs une belle béatitude bien méritée. On met de la musique et nos enfants s’éparpillent joyeux et sautillants dans le grand parc aux tilleuls géants.
La seconde tradition consiste à aller voir le spectacle de la fête nationale dans un petit village des Basses-Laurentides avec un couple d’amis et nos quatre enfants. Depuis qu’ils sont tout petits, c’est là qu’on va. En 2013, la programmation était modeste, on y avait vu un groupe obscur qui faisait des reprises de chansons québécoises avec un talent, disons, aléatoire, et quelques vieux camions de forains venus........
