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Idées|Prendre le temps d’écouter et de comprendre la détresse au lieu de la mesurer Rebecca Savard et Nathalie Maltais

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10.09.2026

En cette Journée mondiale de la prévention du suicide, nous pourrions commencer ce texte en présentant des statistiques choquantes sur le sujet, mais il subsistera toujours, selon nous, une certaine froideur déshumanisante dans l’exposition de la détresse derrière les chiffres. Cela nous conditionne inévitablement à un certain détachement.

Nous ne sommes pas des fans des mathématiques, encore moins de la quantification lorsqu’on parle d’un sujet qui demeure fondamentalement subjectif.

Peut-on réellement mesurer la détresse ?

Même si l’on sait qu’il y a encore, en moyenne, près de trois suicides par jour au Québec, qu’est-ce que ces données nous rapportent concrètement, mis à part un détachement quant aux personnes incluses dans ces statistiques et une désolation éphémère qui pousse plus ou moins le citoyen moyen à agir ? Derrière chaque chiffre se trouve une personne. Il peut s’agir de quelqu’un qui s’appelle Isabelle, Michel, ou Laurianne. Ça peut être votre amie, votre grand-père ou une collègue qui a une histoire bien réelle, des relations, des blessures, une famille et tout un monde affecté par ce décès.

Nous savons que nous avons besoin de chiffres pour comprendre l’ampleur d’un problème, orienter nos politiques, répartir nos ressources et évaluer nos interventions en santé. Toutefois, ces chiffres prennent parfois trop d’importance dans un système qui nous conditionne à valoriser ce qui est mesurable, comparable et quantifiable. Le néolibéralisme tend à simplifier des problématiques complexes afin de les rendre compatibles avec des logiques d’efficacité et de rentabilité. On atteint plus facilement un gouvernement lorsqu’il est question d’économies ou de rendement avant même de parler de ce que cela signifie humainement. Pourtant, la prévention du suicide passe inévitablement par un investissement humain : créer des milieux de vie plus justes, favoriser........

© Le Devoir