Une grève illégale en pleine Seconde Guerre mondiale
Chaque semaine, Le Devoir offre un espace aux artisans d’un périodique. Cette semaine, nous vous proposons un extrait d’un texte des Nouveaux Cahiers du socialisme, no 35 (printemps 2026).
L’aluminium est un des piliers de l’économie du Saguenay au début du XXe siècle en raison de ses infrastructures hydroélectriques. Durant la décennie 1920, de grands industriels américains entrent en concurrence au sujet de l’achat de droits sur des terrains et des cours d’eau. Parmi les terrains obtenus au Saguenay, on compte ceux de la future ville d’Arvida, où les maisons et l’usine qui deviendra l’Alcan commencent à se construire en 1926.
Grâce au développement rapide de l’usine d’Arvida et de la compagnie, le Canada devient le deuxième producteur mondial d’aluminium ; des chaînes de production et plusieurs secteurs du pays dépendent à divers degrés de l’industrie de l’aluminium. En somme, avant la Seconde Guerre mondiale, l’Alcan a déjà une importance particulière dans l’économie canadienne, mais aussi dans l’économie internationale, et son rôle s’accroît durant la guerre, principalement parce que l’aluminium sert à la production d’avions et d’armes.
L’État canadien déclare que l’Alcan d’Arvida est une « industrie de guerre ». Dès 1939, il en fait un des endroits les plus défendus au pays et y installe des artilleurs, des soldats et une batterie anti-aérienne de canons pour protéger les installations. De plus, le........
