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Dolly Parton, cette avant-gardiste que personne n’a pu récupérer

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29.08.2026

Il y a des figures américaines qui appartiennent à une époque. D’autres semblent appartenir à tout le monde. Dolly Parton était les deux. Sa mort, à 80 ans, m’a fait comprendre quelque chose qui m’échappait lorsque j’étais plus jeune : mes parents avaient vu en elle ce que je n’étais pas encore capable de voir.

J’ai grandi au New Hampshire, alors un bastion républicain au cœur d’une Nouvelle-Angleterre largement démocrate. C’est là que j’ai commencé ma vie politique, d’abord chez les républicains, avant de devenir directeur de campagne et conseiller pour les démocrates.

Mes parents n’étaient pas politisés et avaient peu fréquenté l’école. Ils aimaient la musique country et adoraient Dolly Parton. Moi aussi, mais comme on aime la musique de ses parents. Il m’aura fallu quitter le New Hampshire pour comprendre ce qu’elle représentait vraiment.

Parton a longtemps été sous-estimée à cause de son apparence : perruque blonde, tenues extravagantes, maquillage appuyé, humour sur son corps. Derrière cette hyperféminité se trouvait une femme d’une intelligence redoutable.

Dans un Nashville dominé par les hommes, elle n’a pas seulement survécu : elle a bâti un empire. Plus de 100 millions de disques vendus, quelque 3000 chansons et une maîtrise exceptionnelle de son œuvre et de ses affaires.

Elle avait compris qu’il ne suffit pas d’avoir du talent. Il faut posséder, négocier et comprendre l’argent. Elle savait aussi que son........

© Le Devoir