menu_open Columnists
We use cookies to provide some features and experiences in QOSHE

More information  .  Close

Chronique | Un acte barbare

20 0
08.10.2026

Depuis quelques jours, une image me hante : celle d’un jeune homme qui tente de brûler le visage d’une femme. L’incident s’est produit le 1er octobre, à Marseille, en marge des manifestations de lycéens. La femme en question cherchait à dissuader un petit groupe de casseurs de fracasser un abribus. Puis, on voit un jeune homme — car, évidemment, la scène a été filmée — s’avancer vers elle et, sans la moindre hésitation, diriger droit sur son visage le jet d’un aérosol qu’il enflamme à l’aide de son briquet.

La femme a été extrêmement chanceuse : elle ne souffre que de brûlures relativement légères. Elle a heureusement eu le réflexe de se protéger les yeux. Mais elle demeure naturellement traumatisée par ce qui s’est passé. Quant à l’utilisateur de ce lance-flammes improvisé, il a été arrêté dans les jours qui ont suivi et mis en examen pour « acte de barbarie ». C’est un mineur de 15 ans.

Au-delà du déchaînement d’une violence aveugle et gratuite dont témoigne ce geste — et que l’on voit malheureusement se banaliser chez certains jeunes, et pas seulement en France —, cet attentat odieux interpelle, car il est porteur d’une très forte charge symbolique. S’en prendre sciemment au visage de quelqu’un, vouloir ainsi le brûler, l’abîmer, le marquer à vie, le détruire, c’est bien sûr un acte d’une brutalité sans nom, mais c’est aussi, sur le plan des symboles, une terrifiante négation de l’humanité de la personne que l’on a en face de soi.

Le visage d’un être humain n’est pas, en effet, une........

© Le Devoir