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Théâtre et tabou

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19.04.2026

J’avais besoin, moi aussi, d’en parler avec vous. Même si les critiques ont été écrites, que beaucoup d’encre a coulé et que les premières représentations de la pièce sont terminées. Par ailleurs, je dois le déposer d’emblée devant vous : je serai tout sauf objective ici. Comme toujours, dirons-nous peut-être, puisque chacune de mes chroniques est écrite avec un « je » qui assume le lieu d’où il parle, n’offrant pour seule protection que le dévoilement le plus transparent possible dudit lieu.

Je commence donc avec ce bel aveu d’amitié qui, depuis près de 35 ans, me lie à l’acteur et metteur en scène François Bernier, qui vient de commettre la fameuse pièce Club sandwich mayonnaise à partir du texte de Manuelle Légaré à l’Usine C. Si l’expression « meilleur ami » colle à quelqu’un, c’est à lui que je la dédierais sans hésiter, parce que François a seulement toujours été là. Toujours. Et qu’il y a de ça dans l’amitié qui dure, cette forme de présence qui transcende les années, les amours qui passent, les grands moments de fête, les éclats de rire, les naissances, la maladie aussi.

François pleure avec moi quand je suis malade et je pleure quand il me dit qu’il va avoir un enfant. Je l’ai toujours admiré pour son intelligence folle, sa créativité et cette chose qu’on partage depuis le début de notre lien et qui lui avait fait écrire dans mon album de finissants : « On est pareils, toi et moi, tu critiques toujours. Je t’aime. »

Oui, déjà adolescents, nous partagions cette envie de regarder les tabous de notre société droit dans les yeux, de les retourner en leur envers pour enfin y révéler tous les mondes qui fourmillaient au-dessous. Ça s’est toujours vécu, pour lui autant que pour moi, comme un flair, un trait de caractère possiblement insupportable pour........

© Le Devoir