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Le coup de griffe n’est pas sans risque en campagne électorale

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16.09.2026

La campagne électorale bat son plein et est déjà marquée par les attaques et les insultes entre les candidats et les chefs des différents partis en lice. On en a eu un bel échantillon lorsque Christine Fréchette a suspendu sa campagne pour réunir d’urgence son Conseil des ministres : ses adversaires ont aussitôt dégainé. On pouvait lire que le tout était « une pièce de théâtre » selon Charles Milliard, une volonté d’agiter « l’épouvantail Trump » pour Paul St-Pierre Plamondon (PSPP), une « opération marketing » et « la pire campagne de diversion de notre histoire » pour Éric Duhaime. Bref, selon ses adversaires, la cheffe de la Coalition avenir Québec (CAQ) avait tout faux.

La politique est une arène d’affrontements. Mais à force de transformer l’adversaire en cible, les leaders des partis semblent oublier que ce sont d’abord les idées qui devraient s’affronter — et qu’il leur revient d’ouvrir un horizon dans lequel les électeurs auront envie de se projeter. Certes, ils font de nombreuses promesses, mais les attaques systématiques risquent quant à elles d’alimenter polarisation et décrochage. En quoi attaquer Fréchette sur le bilan de son parti ou parler d’une « campagne de vidage de poubelles de la CAQ » donne-t-il envie aux électeurs du Québec de sortir voter ?

À force de personnaliser l’affrontement, ne banalise-t-on pas une politique de l’insulte dont notre voisin du Sud a fait une marque de commerce ? Et n’est-ce pas là une raison d’éteindre la radio ou de tourner la page ?

À force de dire aux Québécois pourquoi ils ne devraient pas faire........

© Le Devoir