Le coup de griffe n’est pas sans risque en campagne électorale
La campagne électorale bat son plein et est déjà marquée par les attaques et les insultes entre les candidats et les chefs des différents partis en lice. On en a eu un bel échantillon lorsque Christine Fréchette a suspendu sa campagne pour réunir d’urgence son Conseil des ministres : ses adversaires ont aussitôt dégainé. On pouvait lire que le tout était « une pièce de théâtre » selon Charles Milliard, une volonté d’agiter « l’épouvantail Trump » pour Paul St-Pierre Plamondon (PSPP), une « opération marketing » et « la pire campagne de diversion de notre histoire » pour Éric Duhaime. Bref, selon ses adversaires, la cheffe de la Coalition avenir Québec (CAQ) avait tout faux.
La politique est une arène d’affrontements. Mais à force de transformer l’adversaire en cible, les leaders des partis semblent oublier que ce sont d’abord les idées qui devraient s’affronter — et qu’il leur revient d’ouvrir un horizon dans lequel les électeurs auront envie de se projeter. Certes, ils font de nombreuses promesses, mais les attaques systématiques risquent quant à elles d’alimenter polarisation et décrochage. En quoi attaquer Fréchette sur le bilan de son parti ou parler d’une « campagne de vidage de poubelles de la CAQ » donne-t-il envie aux électeurs du Québec de sortir voter ?
À force de personnaliser l’affrontement, ne banalise-t-on pas une politique de l’insulte dont notre voisin du Sud a fait une marque de commerce ? Et n’est-ce pas là une raison d’éteindre la radio ou de tourner la page ?
À force de dire aux Québécois pourquoi ils ne devraient pas faire........
