Le lapin, le cheval et le loup
L’avertissement ne venait pas d’un syndicat ou de Québec solidaire, qu’on aurait pu taxer d’entretenir un biais corporatiste ou idéologique, mais du Collège des médecins, dans un mémoire daté de février 2024 : « Cette alternance entre le public et le privé a aussi un impact sur la disponibilité des ressources professionnelles au sein des établissements publics. »
Bien avant que Christian Dubé tente de mettre un frein à ce va-et-vient auquel la Coalition avenir Québec de Christine Fréchette entend maintenant laisser libre cours, les prédécesseurs de l’ancien ministre de la Santé avaient aussi sonné l’alarme. Il y a une douzaine d’années, le péquiste Réjean Hébert parlait d’une « hémorragie » et voulait mettre un terme à cette « partie de ping-pong » entre le public et le privé, que son successeur libéral, Gaétan Barrette, attribuait à « l’appât du gain » des médecins, essentiellement les spécialistes.
Les affaires étant ce qu’elles sont, le secteur privé aura naturellement tendance à privilégier les actes médicaux les plus simples, qui peuvent être multipliés avec profit, et laisser les cas les plus lourds au réseau public, qui devra les traiter avec des ressources réduites, ce qui le rendra encore moins attrayant.
L’actuelle première ministre voit les choses différemment. Elle est d’avis que la population serait mieux........
